mercredi 17 novembre 2010

La vie paradoxale des blogueurs

Je jasais avec un ami qui a déjà tenu un blogue et qui a décidé de tout arrêter ça une bonne journée. Entre autres parce que ça lui rappelait trop de mauvais souvenirs, le ramenant constamment à un passé qu'il voulait oublier. Et aussi parce qu'il jugeait qu'il était désormais capable de se confier à ses vrais amis plutôt qu'à ses lecteurs virtuels.

Pourquoi tient-on un blogue perso au fond? Est-ce tant pour le besoin d'écrire, de laisser se déverser le trop-plein de mots qui nous habitent? Pour nous faire du bien? Collectionner des membres, visites, commentaires?

Ne serait-ce pas plus une façon de gérer le/la mésadapté(e) social(e) en nous?

Je suis une fille assez volubile, expressive, sociable, qui a besoin d'être bien entourée. Mais aussi très émotive, qui réfléchit beaucoup (trop) et se questionne sans cesse. Qui est très près de ses émotions. Et même si j'adore parler, quand j'ai mal, je déprime, j'angoisse, je ne sais pas comment verbaliser le motton dans la gorge, la boule dans le ventre, la peur intense. Des mots, dans ma tête, j'en ai à la tonne par exemple. Les assembler pour former des phrases cohérentes devant les autres, c'est tout un défi. Sur papier, alors là, pas de problème! Voulez-vous un roman, en voilà un! J'espère que vous donnez dans le drame, par exemple!

Je ne sais pas me confier. Sinon, très mal. Avec beaucoup d'effort et de réflexion seulement. Avec ce stress venant de je-ne-sais-où qui m'assaille dès que j'entreprends d'ouvrir la bouche. Je dois avoir retourner les mots dans tous les sens, pour m'assurer qu'ils ont le bon sens, avant même d'envisager de les exprimer de vive voix. Et ce, souvent devant une seule personne. Alors qu'en bout de ligne, qu'est-ce que je fais? J'étale mes états d'âme devant je ne sais combien de paires d'yeux.

Depuis que je suis en couple, je me force à me confier davantage, j'apprends à faire confiance. Mais quand quelque chose me tracasse par rapport à ma relation et que je ne me sens pas la force d'en parler, je reviens invariablement ici. C'est déjà un pas vers l'avant, j'imagine.

Suis-je la seule? Je ne crois pas. Je crois plutôt qu'en tant que blogueurs, nous vivons tous un peu une vie parallèle, voire une vie paradoxale. Moi la première.

5 commentaires:

  1. Pour moi, ce n'est pas de me confier le problème. C'est juste que le sujet sur lequel on se confie dépend de la personne. Tandis qu'avec un blog, whatever le sujet, tu peux l'écrire sans avoir l'impression de marcher sur des oeufs, ou de dire la mauvaise chose à la mauvaise personne.

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  2. C'est différent pour tout le monde je crois. Personnellement, je tiens mon blogue pour m'encourager à écrire quotidiennement ou presque. Écrire sur le blogue et écrire ailleurs aussi. Ça a créer une routine d'écriture qui est assez productive, pas mal plus qu'avant en tout cas.

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  3. Pour moi c'est un peu pour toutes les raisons que tu as donné. Besoin d'écrire, de laisser se déverser le trop-plein, de me faire du bien, de collectionner des membres, visites et commentaires. Moi je vois ça comme un exutoire et un passe-temps, et aussi je suis assez voyeuse.

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  4. Je crois qu'écrire sert un peu à nous démêler. Quand on écrit, on n'a pas le choix d'avoir une structure claire, contrairement à la parole, où parfois, on met des onomatopées, des signes et même des grimaces pour décrire ce qu'on ressent!

    Parfois aussi, c'est bien d'avoir son petit jardin "secret", d'avoir un avis extérieur à notre situation (les blogueurs agissant presque comme des psy!)

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  5. La réponse de La Provocante me plaît beaucoup. Personnellement, d'avoir à structurer un texte m'aide énormément à mettre de l'ordre dans mes idées. Et ces temps-ci, j'en ai besoin ! Alors oui, écrire est un exutoire, presque une thérapie, dans mon cas et je ne m'en cache pas. D'être lue par des étrangers, dont certains donnent leur avis, peut sembler étrange, mais c'est tellement vrai qu'il y a trop de choses qu'on ne peut, veut ou ne sait pas dire aux proches...

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