lundi 8 décembre 2014

Décoratice d'intérieur

Ma maman a toujours eu un amour fou pour les décorations de Noël. Elle n'a jamais pu résister aux boutiques vendant ces différents articles, peu importe si elle se trouve à Montréal ou en vacances. S'il existe un magasin de trucs de Noël dans une ville qu'elle visite, vous pouvez être certains qu'elle va le trouver. À Ogunquit, il y en a un dans le petit quartier de Perkins Cove et même lorsque nous y allions en plein mois d'août, dans une chaleur étouffante, on finissait toujours notre périple entourés de Pères Noël, de boules de toutes les couleurs et de bonhommes chantants. C'est plus fort qu'elle, elle doit acheter quelque chose.

Inutile de dire que dès que le temps des Fêtes se pointe le bout du nez, ma mère sort ses boîtes de décorations et en met partout dans la maison. Je pense qu'il y en a dans toutes les pièces, même dans la salle de bain! Elle aime particulièrement les petites maisons et s'est composée avec les années deux villages, un dans le salon et l'autre au sous-sol. Elle les allume chaque soir, en même temps que le sapin.

J'ai donc hérité par défaut de son amour pour les décorations de Noël. Mon amoureux et moi n'avons pas autant d'espace dans notre appartement que dans la maison familiale, mais j'ai quand même mis des ornements ici et là. Alors que pour ma mère, décorer pour les Fêtes lui prend plusieurs jours, dans mon cas, j'ai vite réalisé que je ne possédais pas grand-chose pour rendre la place festive. Je sais bien que ça prend des années pour accumuler autant de choses et qu'il faut magasiner pas mal pour dénicher de belles trouvailles, mais je trouve que mon petit chez-moi fait pitié. J'ai trop été habituée à l'abondance dans mon enfance. Ce n'est pas compliqué, il me manque de tout! Quand je vais chez Canadian Tire, je voudrais tout acheter. Mais c'est que ça coûte cher, les décorations de Noël.

Ma collection se résume pour l'instant de peu de choses. J'ai un petit sapin en métal, trouvé chez Crate & Barrel, idéal quand on a des chats un peu trop intrépides. Il doit mesurer trois pieds de haut. Dedans, j'ai des lumières qui clignotent, des ornements de pingouins, d'autres en bois et un petit casse-noisette. Sinon, j'en ai un autre en peluche qui danse et chante. Reste ensuite des napperons rigides avec des bonhommes de neige et une petite boule décorative comme centre de table. Ah oui, et cette année, j'ai acheté une petite couronne blanche avec un bonhomme de neige pour accrocher sur la porte d'entrée à l'intérieur de l'immeuble. Il y a juste nous qui la voyons, mais bon, ça fait moins tout nu. Je dois me dire que ce n'est qu'un début.

J'ai hâte d'avoir une collection respectable comme celle de ma maman!


lundi 1 décembre 2014

Constatation # 24

J'adore Noël. J'aime encore plus Noël quand je suis en couple. 

Je ne sais pas exactement pourquoi, mais pour moi, c'est important de passer le jour de Noël avec mon amoureux. Ce n'est pas une question de tradition, mais plutôt que... c'est Noël. Je vous l'ai dit, je ne sais pas pourquoi.

Cette année, on s'en va dans la famille de mon amoureux pour Noël et on passera le jour de l'An dans la mienne. Ma mère voulait alors qu'on se fasse un petit souper de Noël entre nous quatre à notre retour, aux alentours du 28 décembre. On allait ensuite souper le 1er janvier avec la famille en entier. J'ai donc proposé qu'on fasse notre souper avant notre départ, soit le 21 décembre, ce qui éviterait d'être trop épuisés par la route et les partys dans la belle-famille. Oh! que les barricades se sont élevées rapidement! J'ai eu droit à de belles phrases du genre:  "Les traditions, les traditions, qu'est-ce que tu fais des traditions?!?" ou encore "Dans mon temps, on travaillait toute la journée le 24, on finissait à 17h00 et on se dépêchait de rentrer à la maison pour organiser le souper pour 19h00!" 

Mon amoureux a alors proposé que lui parte de son côté et que moi je reste en ville, puisque ça semblait si compliqué. C'était à mon tour de grimper dans les rideaux. Pas question de passer Noël sans lui! 

Après une longue discussion et de la réflexion du côté de mes parents, finalement, ma mère a avoué que c'était une bonne idée. C'est vrai que de souper ensemble le 28 et de se revoir le 1er, c'était un peu intense en fin de compte. On bousculait un peu les bonnes vieilles traditions, mais après tout, il fallait bien apprendre à faire des compromis. Il faut dire que ce n'est jamais évident quand de nouvelles personnes se rajoutent à la famille. Et puis, on ne peut pas se séparer en deux non plus lorsque la douce moitié vient d'une autre région que Montréal. 

C'est la joie du temps des Fêtes!

lundi 17 novembre 2014

Ce roman en moi

Une de mes amies me dit souvent que je devrais écrire un livre. Qu'avec tout ce que j'ai vécu, je pourrais pondre un super roman. Elle adore venir sur ce blog et lire mes billets. 

À chaque fois qu'elle me dit ça, je suis flattée, c'est certain, mais ma première réaction est d'essayer de lui faire comprendre que ça demande beaucoup plus d'énergie, de dévotion et de talent que ça pour écrire un livre. Écrire des petits billets de moins de 500 mots, c'est facile pour moi. J'y vais selon l'inspiration du moment,  je me laisse aller selon ce que je ressens et pouf! un nouvel article prend forme. Je n'ai pas à établir de plan d'écriture, à diviser mes idées selon des chapitres, à trouver un début, un milieu et une fin. J'écris, tout simplement.

J'ai déjà écrit plus que des billets de blog. J'ai écrit de la fanfiction il y a plusieurs années. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, le but est d'écrire une histoire basée sur un univers fictif déjà existant, comme la série Harry Potter, Lord of the Rings, etc. Ma première immersion dans cet univers était en rapport avec une émission de télé-réalité pour les adolescents présentée à Vrak TV au début des années 2000. J'aimais suivre cette émission qui impliquait de créer un genre d'opéra-rock avec des jeunes et je suis tombée par hasard sur un forum y étant consacré. Pleins de jeunes publiaient des histoires tirées de cette télé-réalité et je me suis mise en à lire, par curiosité d'abord, mais ensuite parce que j'y ai pris goût. Et puis, j'ai eu envie de créer quelque chose moi aussi. J'ai pondu deux nouvelles, je crois. 

Après, le forum a fermé et j'ai voulu trouver autre chose à me mettre sous la dent. Je dévorais littéralement les livres de la série Harry Potter à ce moment-là. Je me suis donc tournée vers la fanfiction d'Harry Potter. La communauté est immense. Il y a tellement de choses à lire. Alors, j'ai lu et j'ai lu. Je ne me suis pas lancée tout de suite dans l'écriture, parce que les histoires que je lisais étaient écrites en anglais et même si je considérais mon niveau d'anglais comme assez bon, j'étais bien trop intimidée pour tenter d'écrire des histoires dans cette langue. J'ai alors découvert que le site de fanfiction où je retournais sans cesse avait aussi un forum, conçu pour aider les auteurs à améliorer leur plume ou les futurs auteurs à déployer leurs ailes. Je n'ai pas hésité plus longtemps. J'ai écrit sur ce sujet pendant quelques années, j'ai participé à toutes sortes de "compétitions" d'écriture sur le forum et je me suis même impliquée comme modératrice pendant deux ans. Les moindres détails du monde du sorcier à lunettes n'avaient plus de secrets pour moi. Et puis, j'ai tout arrêté. J'aimais encore beaucoup l'univers d'Harry Potter, j'aime toujours ça, mais je n'avais plus d'inspiration.

C'est dur d'écrire. Ça demande un certain dévouement. Il faut que tu mettes tes tripes sur le papier et que tu donnes tout ce que tu as. Les journées où les mots ne veulent pas sortir, il n'y a rien à faire. Ça peut même en devenir souffrant quand tu cherches à tout prix l'idée du siècle pour finir ton histoire et que tu n'y arrives pas. Alors, la raison que je donne à mon amie pour ne pas écrire de roman est vraie, mais en même temps, je me trouve des défaites. J'ai peur de commencer quelque chose et de me mettre à angoisser parce que je n'aboutis pas. J'ai peur que ce soit encore plus souffrant que d'écrire des nouvelles. Et ce le sera fort probablement. Pourtant, ce n'est pas le temps pour écrire qui me manque ces temps-ci. Et pas les idées non plus.

J'ai une idée, en fait. Qui me trotte dans la tête depuis quelques années. Quand j'en ai eu le premier flash, je trouvais ça intéressant, mais je ne pensais pas avoir assez de matière en moi pour la développer davantage. Mais elle est toujours là. Je n'ai rien oublié de ce que j'avais imaginé. Ça s'est même étoffé avec le temps. Je vois comment je pourrais commencer le tout et comment la finir. Je connais la prémisse de base, l'élément déclencheur, ce que sera l'épreuve que devra surmonter mon personnage principal... Si ça n'avait été qu'une idée de passage, je l'aurais oublié depuis longtemps et je n'aurais pas tout détaillé ça dans ma tête. Tout est là et ça ne bouge pas. Ça doit bien vouloir dire quelque chose.

Il ne me manque que le courage d'ouvrir un document Word et de commencer à taper. Plus facile à dire qu'à faire...

mardi 11 novembre 2014

Constatation # 23

Les nouvelles technologies ont pris la place de la lecture dans ma vie. 

J'ai toujours aimé lire. Comme toutes les mamans, la mienne m'a introduit à la lecture très jeune, en prenant le temps de me lire une histoire le soir avant le dodo. Elle a d'ailleurs toujours été une grande lectrice. Je l'ai toujours vu avec un livre dans les mains, peu importe le sujet, suspense, roman d'amour, classiques de la littérature, sujets d'actualité ou reliés à son travail, etc. Souvent, elle terminait un livre et me le recommandait ensuite. Elle a des goûts plus larges que les miens, mais en général, on se rejoint bien côté littérature. 

Avec la venue des téléphones intelligents, et surtout l'achat de mon iPhone, je ne prends plus le temps de lire comme avant. Il me semble que je trouve toujours quelque chose de mieux à faire sur mon ordinateur ou sur mon cellulaire plutôt que de me choisir un livre dans ma bibliothèque. Il y a toujours une nouvelle série télé à rattraper en rafale sur le net ou un vidéo comique à regarder sur YouTube. 

Et ça me désole, parce que je trouve que la lecture est un passe-temps tellement enrichissant. Premièrement, j'aime les langues. J'ai toujours eu de la facilité à écrire et en plus, je lis rapidement. Donc, lire est pour moi est une bonne façon de perfectionner mon vocabulaire et de découvrir de nouveaux mots et de nouvelles expressions, peu importe la langue (je lis autant en français qu'en anglais). Deuxièmement, ça me permet de me reposer l'esprit et de laisser aller mon imagination. À l'adolescence, je me réfugiais dans les livres lorsque j'avais trop de choses en tête et que je n'avais pas envie de penser. J'avais une imagination très fertile, ce que je n'ai pas perdu en vieillissant, qui faisait que j'avais tendance à m'imaginer les pires scénarios. De prendre une pause de tout ça le temps de quelques pages d'un roman me calmait. 

Troisièmement, on peut se laisser transporter dans un autre univers que le sien, qu'il soit inventé de toutes pièces ou tiré d'une histoire vraie. En lisant la vie ou les péripéties d'autres personnages, ça me consolait (et me console encore) de ma propre existence. J'en venais à me dire que ma vie n'était si pire que ça, en fin de compte. Oui, c'étaient des personnages fictifs, mais au moins, ils étaient plus tourmentés que moi! En plus, pour ceux qui aimeraient voyager et ne le peuvent pas, lire permet de découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures tout en restant assis bien confortablement dans son salon. C'est bien pratique si on a peur de l'avion et beaucoup plus économique pour le porte-feuille.  

Je m'ennuie de cette période où je lisais tout avec frénésie. Maintenant, l'idée d'ouvrir un livre ne m'enchante plus autant et je ne sais pas vraiment pourquoi. Pourtant, une fois une nouvelle histoire entamée, je suis bien satisfaite. Ce n'est pas devenu désagréable, mais j'ai comme perdu le réflexe. Ça devrait être le contraire, puisque depuis mon déménagement, j'habite tout près de la bibliothèque municipale et je peux m'y rendre à pied. Trop de sollicitations externes, peut-être? 

Et vous, êtes-vous accro à la lecture? Ou penchez-vous plus pour "l'électronique"?  

dimanche 9 novembre 2014

Un stress de moins

Petite Mazda (ma voiture) a été vendue la semaine passée. Mes parents l'ont acheté quand j'ai eu 18 ans, puisque mon père avait alors des voitures prêtées par la compagnie pour laquelle il travaillait à ce moment-là et que je ne pouvais donc pas conduire. En plus, ça me permettait de transporter ma mère partout où elle voulait aller quand on était ensemble, puisqu'elle n'a pas de permis de conduire. Je crois qu'elle y prenait plus plaisir que moi.

Je n'ai jamais vraiment aimé conduire. J'ai toujours eu ce petit stress avec le volant entre les mains, cette peur latente d'avoir un accident. Ce n'est pas que je ne me fais pas confiance en tant que conductrice, je pense que je conduis plutôt bien. Mais je manque clairement d'assurance et peut-être d'un peu de pratique; je ne prends le volant souvent. Il ne m'est jamais rien arrivé de grave, que de légers accrochages avec égratignures (pour la voiture, pas moi). 

La seule raison qui peut expliquer mon anxiété face à la conduite automobile est un accident que nous avons eu mon père et moi lorsque j'avais 12-13 ans. C'était en plein hiver et nous allions retourner un film au club vidéo. Mon père a emprunté une rue familière de notre quartier, qui malheureusement était très glissante cette journée-là, et la ville n'avait pas épandu de sel. Au moment de freiner, l'auto a continué son chemin et on a embouti une camionnette qui s'en venait sur le boulevard perpendiculaire à la rue. Heureusement que nous étions nous aussi dans une mini-fourgonnette. Personne n'a été blessé, donc plus de peur que de mal. Mais j'ai eu très peur. Peut-être que je devrais faire une psychanalyse pour exorciser cette peur qui vient de mon enfance (adolescence, je sais...). 

Bref, je n'aime pas conduire, ça me stresse et l'auto est vendue. Je l'ai laissé chez mes parents à mon déménagement parce qu'il n'y a vraiment pas de place pour se stationner dans mon quartier. Mon père en a eu marre de ne pas pouvoir profiter de son garage à cause de ça. Ça ne m'a pas fait grand-chose qu'il la vende, malgré le fait que c'était ma première voiture. Je pense que ma mère était plus émotive que moi!

Je suis bien en transport en commun, moi. Et si je suis mal prise, je pourrai toujours m'abonner à Communauto. Il y a toujours des solutions à notre portée.

samedi 25 octobre 2014

Les années qui s'écoulent

On est le 25 octobre 2014, aujourd'hui. 

Le 25 octobre 2004, c'était un dimanche et j'étais supposée passer la journée à travailler à ma caisse au IGA. Petite jobine d'étudiante de 19 ans bien normale. Mais ce matin-là, j'ai appelé mon superviseur pour caller malade parce que j'avais très mal au ventre. J'avais souvent mal au ventre à l'époque. Je suis donc restée à la maison.

Vers l'heure du dîner, je me sentais un peu mieux, alors j'ai décidé de passer un petit coup de fil à une amie fibro-kystique qui était hospitalisée à ce moment-là. C'est sa mère qui m'a répondu, ce que j'ai trouvé bizarre. Elle m'a alors dit des paroles qui m'ont viré toute à l'envers. Si je voulais la voir, c'était le moment ou jamais. Elle allait mourir. Ça n'a pas pris de temps pour que mes parents et moi nous retrouvions en face de sa chambre d'hôpital. 

J'ai pu la voir et lui parler. Lui serrer la main. Lui dire que je l'aimais. Je n'ai pas dit grand-chose de plus. J'avais cette boule dans la gorge qui bloquait toute parole cohérente.

C'était il y a dix ans. Depuis dix ans, j'ai une photo dans ma chambre de nous deux pendant une hospitalisation, toutes souriantes. Malades, oui, mais profitant du moment présent et tellement contentes de passer du temps ensemble. C'est une photo qui a été prise deux ou trois ans avant son décès, je ne me souviens pas exactement de notre âge là-dessus. Mais une chose est certaine, on était bien loin de se douter que la mort guettait une d'entre nous. 

On dit qu'il n'arrive jamais rien pour rien dans la vie. Ce n'est pas pour rien si, ce matin-là, je me suis levée avec un solide mal de ventre. Sinon, je serais aller travailler comme à l'habitude et je n'aurais su que plus tard que ma meilleure amie était partie pour de bon. 

Mais je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi c'est arrivé à elle et pas à moi. On avait la même maladie, elle et moi. Atteintes d'une façon bien différente, c'est vrai, mais avec cette maladie, tout se joue souvent en un seul coup de dés. Ça aurait pu être moi. 

Dix plus tard, je suis greffée et elle me regarde d'en haut. Je sais qu'elle veille sur moi. J'espère qu'elle est un peu fière de moi, de ce que je suis devenue, même si des jours, je trouve que ma vie n'a pas toujours de sens. J'espère aussi qu'elle sait que jamais je ne l'oublierai. 

Tu seras toujours dans mon cœur, ma belle Aurélie. Je t'aime.  

jeudi 16 octobre 2014

Une nouvelle maladie

Je regardais un vidéo sur Facebook qui a été posté par une greffée pulmonaire. Ce vidéo montrait des gens atteints de fibrose kystique qui ont tous eu la chance, comme moi, de recevoir une greffe de poumons et ainsi de pouvoir continuer leur vie. On les voyait tous, souriants, pétants de santé, mordants dans la vie à pleine dent. Ça travaille, c'est heureux, ça profite de la vie comme jamais. Tout ça dans le but de promouvoir le don d'organes.

Ne me méprenez pas, je suis totalement pour le don d'organes, j'en fais moi-même la promotion lorsque j'en ai l'occasion. Sans mon donneur, je ne serais pas ici aujourd'hui pour écrire ce billet. Il y a cinq ans, sans la greffe, je serais probablement morte.

Je trouvais que ce vidéo était parfait pour inciter les gens à signer leur carte d'assurance-maladie, pour montrer à la population à quel point un si petit geste qui prend si peu de temps peut donner de grands résultats. C'est important de montrer l'impact de la signature. Après tout, sauver une vie, ce n'est pas rien! 

Mais ça m'a aussi plongé dans une réflexion un peu moins jolie: la vie d'un ou d'une greffé(e) n'est pas rose tous les jours. Ces personnes dans le vidéo ont retrouvé le souffle de la vie, cet état incroyable qu'ils ne pensaient jamais atteindre dans leur vie, mais il y malheureusement tout un lot de problèmes désagréments qui viennent avec la greffe. Ceux qui sont capables de travailler à temps plein et de s'investir dans leur carrière comme ils le veulent sont bien chanceux. Moi, je ne travaille pas. J'aspire à me trouver un emploi, mais à temps partiel, parce que du cinq jours/semaine, je n'y arrive pas. Je cours après mon énergie et en bout de semaine, je suis épuisée. Trois jours, c'est déjà limite. Une journée bien remplie va m'en demander deux de repos par la suite. Je n'ai pas de réserves d'énergie illimitées comme je m'imaginais en avoir, quand je pensais à l'après-greffe. Je peux faire beaucoup plus qu'avant, sans conteste, mais j'atteins vite ma limite. 

Il y a ensuite les différents bobos reliés en grande partie aux effets secondaires des médicaments anti-rejet. Les opérations diverses, les problèmes cardiaques, les problèmes rénaux, les AVC, les encéphalites, le cholestérol trop haut, l'hypertension, les problèmes gynécologiques pour les filles, le diabète tout débalancé, etc. En ce moment, j'ai le cœur qui me résonne comme une tonne de briques dans la cage thoracique. Ça bat fort comme ça depuis une semaine, ponctué de palpitations cardiaques inexpliquées. Je suis essoufflée alors que mes poumons sont clairs comme de l'eau de roche. J'ai le shake plus que d'habitude. J'attends de passer des examens plus poussés pour découvrir ce qu'il se passe. Ce n'est qu'un exemple de ce qui peut nous attendre après la greffe, je pourrais vous en énumérer d'autres qui me touche personnellement.

Oh! ce n'est rien comparé à la période pré-greffe. J'en suis bien consciente, n'ayez crainte. Pour rien au monde je ne voudrais revenir en arrière. Je ne voudrais pas revivre les nombreux traitements intraveineux d'antibiotiques et les hospitalisations qui s'éternisent. Ni les millions de piqûres, prises de sang, installations de pic-line (long tube intraveineux qui permet d'acheminer les divers solutés dans le corps), ni les quintes de toux interminables qui te réveille en plein milieu de la nuit et te laisse complètement vidée et en sueur, ni les bombonnes d'oxygène à trimballer partout. Mais d'envoyer l'image que tout est parfait après la greffe, je crois que c'est de se mettre la tête dans le sable. Parce qu'il n'y a pas de vie parfaite.

On souhaiterait que ça soit ainsi, après la greffe. Que tout roule tout le temps. On y rêve tellement fort. On se crée des attentes démesurées. Et ça fait quand même un peu mal quand on retombe sur terre. Le temps que ça dure, l'effet d'euphorie est indescriptible, on se croit invincible! Mais je pense que c'est préférable de réaliser que cette perfection n'est pas atteignable. Qu'il faut garder en tête que d'accepter la greffe de poumons, c'est d'échanger une maladie contre une autre. Une maladie différente, oui, plus facile à vivre, oui, mais une maladie quand même. Je l'aime ma nouvelle maladie, parce qu'elle me permet de continuer à profiter de la vie, mais il y a des jours où elle me fait c**** en maudit...


lundi 22 septembre 2014

Crise d'adolescence

Des fois, je trouve que j'agis comme une enfant.

Il me prend des"'crisettes" dans ma tête que je ne peux pas toujours expliquer. Je tombe dans un moment de mélancolie ou de manque d'attention et je m'en vais me coller sur mon amoureux pour avoir de l'affection. Et quand il se lève pour aller aux toilettes, alors que je voudrais rester collée là pendant des heures, je me frustre parce qu'il ne fait pas attention à mes états d'âme. 

J'ai honte de moi dans ce temps-là. Je trouve que je me comporte comme une adolescente incapable de contrôler ses émotions à cause d'un trop-plein d'hormones. 

Je sais que je suis exigeante. Plus envers les autres qu'envers moi-même. J'ai toujours eu des attentes démesurées. Je me suis toujours attendue à plus. Et quand les agissements des personnes qui m'entourent ne rencontrent pas mes standards, je chigne comme un bébé. 

Je vais avoir 29 ans. Faudrait peut-être que je finisse par grandir, un jour.

jeudi 4 septembre 2014

Mon entrée à la maternelle

Hier, mes poumons ont fait leur entrée à la maternelle. J'ai fêté mes cinq ans de greffe pulmonaire! Eh oui, déjà! Pourtant, je me rappelle du 3 septembre 2009 et du fameux appel téléphonique de mon chirurgien comme si c'était la veille.

Je dormais quand c'est arrivé. En attente de greffe, j'étais constamment fatiguée, alors je faisais souvent des siestes pendant la journée. Je pense qu'il était 14:00. J'avais mis le téléphone sur ma table de chevet pour ne pas avoir à me lever si jamais quelqu'un m'appelait. Quand ça a sonné, j'ai pensé quelques instants à ne pas répondre, trop endormie. Finalement, j'ai bien fait de décrocher, puisque c'était Dr Ferraro qui m'annonçait avoir de nouveaux poumons pour moi. Je peux vous dire que je me suis réveillée instantanément! 

Ensuite, j'ai appelé ma mère au bureau. Elle filait directement à la maison. Pour rejoindre mon père, qui avait l'auto, ça été un peu plus compliqué. Il ne répondait ni à sa ligne de bureau ni sur son cellulaire. Pourtant, il devait laisser son cellulaire allumé justement au cas où je l’appellerais en rapport avec la greffe. En désespoir de cause, j'ai appelé à la réception principale de la compagnie et l'ai fait chercher partout dans le bâtiment. Quelqu'un l'a extirpé d'une réunion; il avait vu que c'était moi qui l'appelais sur son cellulaire, mais il s'était dit qu'il me rappellerait plus tard. Je peux vous dire que ma mère, stressée pour quatre, lui a passé tout un sapin quand il est arrivé à la maison!

Dans l'attente, seule à la maison, j'étais nerveuse, très fébrile, mais je n'avais pas peur. Je m'y préparais depuis 20 mois, donc j'étais prête. Je n'en pouvais plus de cette vie en suspens, de toute façon. J'en avais assez. Dans ma tête, j'étais rendue au point où c'était la greffe ou la mort. Alors, ce qui pouvait bien se passer sur la table d'opération ne me terrifiait plus comme au début de mon attente. 

Il faisait beau ce jour-là, un beau 30 degrés et un soleil radieux, comme hier. Autant on était pressé de se rendre à l'hôpital il y a cinq ans, autant hier, rien ne pressait. Je suis allée passer une journée en ville avec mon père pour voir une exposition au musée et luncher ensuite. J'ai la vie devant moi maintenant, alors qu'à l'époque, je ne savais même pas si j'allais être témoin du 4 septembre 2009. 

Comme quoi on ne peut jamais savoir ce qui va se passer. 

Comme quoi il ne faut jamais cesser de croire aux miracles.

Comme quoi il ne faut jamais perdre espoir.

mercredi 27 août 2014

Emmenez-nous à La Ronde!

Ça fait plusieurs années que je dis que je veux aller à La Ronde. En fait, depuis que je suis greffée, donc presque cinq ans, mais ça n'arrivait jamais. Je ne me souviens pas exactement de la dernière fois où j'y ai mis les pieds, mais c'était très certainement plusieurs années avant ma greffe, probablement à partir du moment où j'ai commencé à avoir de l'oxygène à la maison. Ça devenait un peu trop compliqué de faire les manèges avec une bombonne d'oxygène...

 Il y a eu mon encéphalite en cours de route qui m'a beaucoup ralenti et qui m'a laissé avec des étourdissements quand je penche ma tête trop vers l'arrière. S'en suit les maux de cœur et l'impression que je vais me faire avaler par les murs de la pièce où je me trouve. Super le fun. Donc, je craignais d'avoir un malaise dans les montagnes russes. 

Mais je ne voulais pas non plus manquer l'occasion d'aller dans les manèges "au cas où...". On l'a finalement testé mon amoureux et moi lundi et ça été une super journée! Les montagnes russes qui tournent à l'envers ne m'ont causé aucun problème, même pas un petit mal de tête, et mes jambes moins endurantes qu'avant m'ont soutenu toute la journée. C'est plutôt la chaleur qui était quelque chose. Je pense honnêtement que j'ai sué ma vie! Pourtant, ce n'était pas la journée la plus chaude de l'été, mais il faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de coins d'ombre à La Ronde.

J'ai probablement perdu tout le sel que j'avais dans le corps en quelques heures. La fibrose kystique provoque une perte de sel par la sueur plus importante que la normale, surtout lors d'efforts physiques ou tout simplement sous le coup d'une grande chaleur. On avait apporté de l'eau, mais j'avais oublié de traîner des aliments salés pour grignoter. Mes médecins m'auraient sûrement sermonné! (Lorsque j'étais plus jeune, les recommandations de base étaient de toujours avoir avec soi en cas d'activité physique des trucs remplis de sel, comme des chips, bretzels, etc.) Mais je me suis reprise au souper en mangeant du bon junk food


Et un peu de sucré par la même occasion. Tant qu'à être à La Ronde, aussi bien de vivre l'expérience jusqu'au bout!

dimanche 24 août 2014

Petite sortie

Je ne vais pas souvent au théâtre et pourtant, j'adore ça. La proximité avec les acteurs, les décors, tous ces textes incroyables qui sont débités devant le public, tout ça fait que je passe à coup sûr un bon moment. Que ce soit des comédies ou des tragédies, le genre m'importe peu. C'est certain que les pièces plus classiques écrites en vers sont parfois plus difficiles à suivre, mais on finit toujours par en comprendre le sens après quelques phrases. 

C'était le cas la semaine passée quand je suis allée voir Cyrano de Bergerac au TNM, pièce présentée par le Festival Juste Pour Rire. Ma mère nous a proposé cette sortie en famille, alors nous avons embarqué. Mon amoureux n'était jamais allée au théâtre, mais il a bien aimé sa soirée. Cyrano reste un grand classique, écrit par Edmond Rostand en 1897, avec ses longs monologues du personnage principal, ses combats à l'épée et ses moments de comédie comme ses moments plus tragiques. J'avais presque vu en entier l'adaptation cinématographique avec Gérard Depardieu et j'avais bien aimé. Mais ce que je me rappelais de la prestation de M. Depardieu n'avait rien avoir avec celle qu'a donné Patrice Robitaille, dans le rôle de Cyrano. 

J'aime beaucoup ce comédien, autant au cinéma qu'à la télé, mais je ne l'avais jamais vu jouer au théâtre. Je savais qu'il peut jouer dans tous les registres, mais ce soir-là, il m'a vraiment jeté par terre. Cette grande quantité de texte à apprendre, tout en alexandrins, la façon de faire passer les émotions du personnage dans sa voix, dans son maintien, dans les expressions de son visage, c'était tout simplement impressionnant. Il y a ce moment de la pièce qui m'a particulièrement marqué, où Cyrano déclare sa flamme amoureuse à sa cousine, sous son balcon. C'est profond, touchant, vibrant; on aurait pu entendre une mouche voler tellement le public était silencieux. Je suis certaine que toutes les femmes présentes dans la salle auraient voulu être la belle Roxanne pour se faire dire ces choses-là. J'en étais moi-même complètement chavirée. 

La pièce joue jusqu'au 30 août. Le soir où j'y suis allée, la salle était pleine à craquer, donc je ne sais pas s'il reste encore des billets. Mais si c'est le cas, je vous suggère fortement d'y aller!


vendredi 8 août 2014

Relecture du blog

J'ai relu l'intégralité de mon blog récemment et ça m'a permis de constater à quel point ma vie a connu toutes sortes de changements en cinq ans. Bon, je l'admets, il y a certains points qui n'ont pas vraiment changé (emploi...), mais ça a quand même bougé. Cette vie qui était devenue complètement statique avant la greffe et que je ne voyais pas comment elle pouvait se remettre en marche a eu la chance de pouvoir redémarrer. 
  • J'ai eu ma greffe;
  • J'ai rencontré pleins de nouvelles personnes;
  • Je me suis fait un nouveau chum;
  • Je suis déménagée de chez mes parents;
  • J'ai surmonté une grave encéphalite;
  • J'ai vécu une grande peine d'amour;
  • Je suis retournée chez mes parents;
  • Je me suis remise de cette peine d'amour;
  • J'ai obtenu mon bacc;
  • J'ai rencontré mon chum actuel;
  • Je suis déménagée à nouveau de chez mes parents. 
J'ai affronté des tonnes de moments d'angoisse et je les ai déversés sur ce blog. En relisant les billets correspondants, j'avais peur que ça fasse remonter à la surface toutes ces mauvaises émotions, mais étrangement, j'ai pu tout lire avec un certain détachement. Ça m'a étonné, mais j'étais contente de constater que tout ça était derrière moi. 

Mais pas tout à fait non plus. Je réalise que certaines angoisses ne me quitteront jamais complètement. Que je ne serai jamais à l'abri d'épisodes dépressifs. Ce sera toujours latent en moi, malheureusement. Quand je suis bien occupée, je n'ai pas le temps de penser à mes bobos intérieurs. Mais dans les périodes plus creuses, ça refait son chemin sournoisement jusque dans ma tête. Et c'est mon cœur qui a mal dans ce temps-là. Comme le dit la publicité, la dépression fait mal. Les épisodes dépressifs aussi. 

Je m'efforce de toujours rester vigilante. Je les vois venir, je suis capable de les identifier. Mais certains jours, je ne suis pas toujours capable de les combattre. Ce matin, j'ai mal. Une douleur au niveau de la poitrine, comme si un étau me serrait. L'angoisse que quelque chose du passé soit en train de se reproduire. La peur constante de retomber dans des zones sombres qui m'ont demandé tout "mon p'tit change" pour m'en sortir. Je reste accrochée au passé même si je suis à un endroit totalement différent avec des personnes différentes. 

Je sais que ça va passer, que c'est juste une mauvaise passe. 

Mais si ça ne l'était pas? 

lundi 4 août 2014

Tu vieillis, ma fille!

Ma mère a eu 60 ans la semaine dernière et n'a pas semblé du tout affectée par l'atteinte de cette nouvelle décennie. Vieillir ne lui a jamais fait peur, elle a toujours abordé la vie avec la notion "d'un jour à la fois" et c'est probablement ce qui l'a aidé à passer au travers de la vie et de ses différentes épreuves sans trop s'en faire. Je ne dis pas qu'elle ne s'est jamais fait du mauvais sang face à ma maladie, ma greffe, etc., mais je sais que jamais elle ne s'est questionnée sur mon espérance de vie. Elle se contentait d'y aller au jour le jour sans se demander où on serait d'ici dix ans. Certaines situations l'ont angoissées plus que d'autres, étant de nature anxieuse comme moi, mais au final, je pense bien qu'on s'en est sorties la tête haute.

Changer de décennie d'âge peut être difficile pour certaines personnes, mais je n'avais pas vraiment d'inquiétudes pour ma mère. Elle est à la retraite depuis plusieurs années et continue d'être aussi active qu'avant. Toujours une activité à gauche ou à droite, une réunion de bénévoles, un C.A. quelconque, un dîner, une exposition, un cours à l'université, etc. Il n'y a pas grand-chose qui l'arrête. Elle répétait souvent, lorsque mon père travaillait encore, comment elle avait hâte qu'il prenne sa retraite à son tour pour pouvoir ralentir un peu et planifier toutes sortes de choses à faire avec lui. Maintenant qu'il ne travaille plus, elle peine à dire non à tous ses projets en solitaire et n'est pas à la maison plus souvent! Trouver un juste milieu n'est pas facile pour quelqu'un qui n'a jamais été capable de rester en place! 

Donc, quand elle a eu 60 ans, je l'ai appelé la journée même pour lui souhaiter bonne fête et elle m'a dit "Ah, le poids des années commence à se faire sentir". Surprise, j'ai demandé "Tu le sens, ce matin?". Réponse de sa part: "Pantoute!". Ça résume assez bien la chose!

C'est plutôt vers moi que s'est dirigé le poids des années plus tard dans la discussion lorsque j'ai mentionné avoir mal au nerf sciatique depuis une semaine et que je ne comprenais pas pourquoi. Elle m'a sorti un "Ah, mais tu vieillis, ma fille!" bien senti. Dur dur, d'avoir 28 ans! 

Bonne fête Maman!

dimanche 27 juillet 2014

Ces hommes de peu de mots

On a un nouveau coloc depuis la fin du mois de juin. Il y a une deuxième chambre dans notre appart et comme mon amoureux avait déjà pris l'habitude de louer une chambre à son ancien appartement, on a gardé la même habitude une fois emménagés ensemble. C'est un petit revenu supplémentaire non-négligeable.

L'ancien coloc avait déménagé avec nous, puisqu'il ne lui restait que quelques mois à passer à Montréal, le temps de finir son diplôme de formation technique. Et puis, tout le monde s'entendait bien et il n'était vraiment pas dérangeant ou envahissant. Il a quitté à la fin du mois d'avril pour retourner dans sa ville natale et mon amoureux et moi avons donc passé deux mois seuls ensemble, ce que nous n'avions jamais connu dans notre (jeune) vie de couple. Je ne vous cacherai pas qu'on y a pris goût, ce qui est normal, évidemment. 

On voulait tout de même trouver quelqu'un d'autre, budget oblige, et la chambre a été affichée. Et j'ai commencé à me demander si c'était vraiment une bonne idée. C'était une réflexion totalement égoïste, je dois l’avouer. J'avais peur de tomber sur quelqu'un qui mettrait son nez partout, qui poserait pleins de questions sur mes habitudes de vie (comme le fait que je ne travaille pas...), qui me jugerait même. L'ancien coloc connaissait ma condition de santé et comprenait très bien, puisqu'il avait déjà été ami avec une fille atteinte de fibrose kystique, malheureusement décédée aujourd'hui. Je n'avais donc pas eu à lui expliquer grand-chose.

J'avais peur du changement, donc.

Finalement, j'ai eu tort. Notre nouveau coloc est aussi discret que l'ancien, sinon même plus, si c'est possible! Il travaille beaucoup et passe ses temps libres à s'entraîner. Sinon, il reste dans sa chambre la porte fermée. Il ne prend pas de place, toutes ses affaires sont rangées dans sa chambre, il prend un tablette dans le frigo et dans le garde-manger. Il a fallu lui dire qu'il pouvait laisser sa brosse à dents dans la salle de bain. Il ne pose pas beaucoup de questions. Très tranquille, je vous dis. C'est presque comme si on n'avait pas loué la chambre. La routine n'a pas changé, en fin de compte. 

Ça m'a pris plusieurs semaines avant de réussir à savoir ce qu'il faisait dans la vie. Je suis de nature curieuse et je voulais donc savoir à qui j'avais affaire. Une de mes premières tentatives s'est vite soldée par un échec. Il soupait à la table de la cuisine un soir et j'ai demandé bien innocemment s'il avait eu congé pour la fête du Canada et j'ai eu droit à "Non, je travaillais". Je m'attendais à des détails, quelque chose, mais non, ça s'est arrêté là. Ce n'est que plus tard que j'ai réussi à l'accrocher assez longtemps pour lui faire passer un interrogatoire (je déconne, je ne suis pas aussi intense que ça!).

Oh, il est sympathique malgré tout. Juste pas très jasant. Déjà qu'au début, je trouvais que mon amoureux ne parlait pas beaucoup et que je devais parfois lui tirer les vers du nez, maintenant je me retrouve à vivre avec deux hommes de peu de mots. Misère!

mardi 22 juillet 2014

Constatation # 22

Je supporte très mal la chaleur.

Je deviens chialeuse, maussade, je me sens collante, j'ai les cheveux "grichoux", je sue à profusion et je finis par faire la baleine échouée sur le plancher du salon. Je n'ai même plus envie de faire la cuisine dans ce temps-là, parce que la simple pensée de devoir partir le four me donne chaud.  

Lors des dernières journées de canicule et celles que l'on vit présentement, j'ai constaté à quel point je m'étais habituée à vivre dans le confort de l'air climatisé. Chez mes parents, on a toujours passé nos étés dans la fraîcheur, puisque 1. l'humidité et la grosse chaleur n'était pas très recommandés pour mes poumons encrassés par la fibrose kystique et 2. mon père ne tolère pas du tout la chaleur. 

Un rien lui donne chaud. Il ne mange pas de soupe, même l'hiver, parce que la sueur se met à lui dégouliner du front. C'est très rare qu'il a froid en hiver. Le chauffage n'est jamais très élevé dans la maison familiale. Je passais mes hivers avec des grosses vestes chaudes sur le dos en tout temps. Moi congelée et lui parfaitement bien. Quand mon père dit qu'il fait froid en janvier, c'est parce qu'il fait VRAIMENT froid. Et donc l'été, l'air climatisé est dans le tapis. Ce qui m'a amené à dire que je vivais en permanence dans un igloo.  (Eh oui, je chialais aussi pour ça à l'époque)

Mais c'est seulement maintenant que je constate comme j'étais bien à l'air frais, alors qu'on n'a pas d'air climatisé dans l'appart. On reste dans un demi sous-sol, alors même s'en acheter un petit pour mettre dans la fenêtre de la chambre à coucher n'est pas vraiment une option. Les fenêtres sont à la hauteur du trottoir et donnent sur la ruelle à l'arrière de l'immeuble, et sont donc à la portée de tous. Mon amoureux n'est pas à l'aise d'installer un plexiglas qui pourrait être facilement défoncé par n'importe quel passant, et moi non plus. Notre quartier est beaucoup plus sécuritaire qu'avant, mais tout de même.

Je sais et comprends tout ça, mais il reste que là: J'AI CHAUD!

J'ai survécu!

Le copinot est revenu du Manitoba dimanche et je peux affirmer avec joie que j'ai très bien survécu cette fois-ci! C'est tellement gratifiant et bon pour l'estime de soi de voir que j'apprivoise de plus en plus les moments de solitude. Je ne suis pas encore rendue au point où je les apprécie, mais au moins, je sais désormais que je peux me débrouiller. Je ne dis pas que ce serait la joie absolue dans mon cœur si un jour je dois déménager seule en appartement, mais au moins, j'aurai sûrement moins peur que par les années précédentes. Et puis, il y a toujours un père qui sera content d'être disponible pour venir en aide à sa fille en détresse!

Mais bon, ce n'est pas du tout une prochaine éventualité, mais c'est tout de même réconfortant de savoir que j'ai pris de l'assurance pour ce genre de situations.

samedi 19 juillet 2014

Mode d'emploi en suédois non-compris

Mon amoureux chiale toujours que je laisse traîner mes revues et mots croisés un peu partout dans le salon (ce qui est totalement faux!), alors j'ai décidé de prendre les choses en mains pendant son absence. J'ai commandé sur Internet un porte-revues qui me semblait assez commode. En plus, ça ne m'a rien coûté puisque j'ai utilisé mes miles Air Miles. Deux jours plus tard, je recevais la chose par la poste et évidemment, ça venait en pièces détachées. Je n'ai jamais eu de grand talent pour monter des meubles Ikéa, mais je me suis dit qu'un porte-revue, ce n'est quand même pas une bibliothèque. Et le mode d'emploi n'était pas en suédois, quand même. Comme je suis censée être une femme indépendante et débrouillarde (ma nouvelle devise de cette semaine de veuvage), je me suis mise à l’œuvre. Et voici ce que ça a donné:



Ce n'est pas si mal, quand même. Reste à voir si, à son retour, mon amoureux va remarquer qu'il y a quelque chose de différent dans le salon!

mardi 15 juillet 2014

Constatation # 21

Je n'ai jamais habité seule. Jamais.

Jamais loué d'appartement, jamais resté en résidence au cégep ou à l'université, jamais vraiment eu la maison parentale à moi toute seule, sauf peut-être pendant une (petite) fin de semaine. 

Donc, dormir seule, ça ne me réussit pas trop. Déjà qu'en temps normal, je fais de l'insomnie, vous pouvez vous imaginer comment ça complique encore plus les choses lorsque je me retrouve dans notre grand lit Queen seule. Ça me prend plus de temps que la normale pour trouver le sommeil. Tourne et tourne et tourne dans le lit. Des fois, je pense que c'est l'épuisement qui me fait m'endormir. D'autres fois, je triche et je prends une pilule rose. Je dors toujours mieux quand il est couché à côté de moi.

En avril dernier, mon amoureux était parti pour trois semaines au Manitoba pour le travail. La semaine de son départ, j'avais un rhume qui n'en finissait plus de finir et qui semblait vouloir se transformer en infection de gorge et en sinusite. Dépitée, j'ai appelé à la clinique de greffe pour savoir ce que je pouvais faire. On m'a prescrit une semaine d’antibiotiques par la bouche. Le soir même, je me suis rendue à pied à la pharmacie pour aller chercher les médicaments. J'ai ensuite passé une nuit blanche. Je ne sais pas si c'était le stress de dormir seule ou un effet secondaire de l’antibiotique, mais ça n'allait pas du tout. Le lendemain, je braillais ma vie. Je voulais que mon amoureux revienne. Je voulais ma mère, comme quand j'avais quatre ans et de gros bobos. Je me trouvais pathétique.

Et puis, j'ai fini par dormir. Les antibiotiques ont fait effet et le rhume est parti. J'ai retrouvé mon rythme normal. Ça m'a montré qu'en fin de compte, j'étais capable de rester seule dans notre grand appart. 

Il est reparti pour une autre semaine au Manitoba dimanche. Je me trouve assez calme, je ne panique pas, je fais mes petites affaires. Et j'essaie de lui montrer que je peux être indépendante, malgré mon diagnostic d'insécurité affective de base. Ce n'est pas facile, mais je me contrôle. On n'a pas le même besoin de contacts sociaux, lui et moi. Des fois, ça rend les choses plus difficiles. Surtout quand il part. Lorsqu'il est à la maison, pas de problèmes, c'est un gars hyper affectueux et colleux, mais en voyage pour la job, surtout si c'est juste pour une semaine, il ne voit pas l'intérêt de se parler à tous les jours. Alors que pour moi, c’est tout le contraire. J'ai besoin de savoir qu'il va bien, qu'il n'a pas eu d'accident durant la journée, etc. J'ai besoin de savoir qu'il pense à moi. Je sais qu'on n'a pas besoin de se parler au téléphone pour qu'il pense à moi; il n'y a pas de corrélation entre les deux. Je sais tout ça. Mais mon cerveau ne fait pas toujours ces connexions. 

On s'est entendu sur un compromis pour cette semaine. Je le respecte, parce que je veux réussir, autant pour lui prouver que je suis capable, mais aussi pour me le prouver à moi-même. Je dois le prendre comme un défi personnel. Mon ancien psy serait sûrement fier de moi s'il m'entendait raisonner comme ça. Mais il y a quand même des moments dans la journée, et surtout le soir en me couchant (on ne se le cachera pas), où c'est difficile.

Une semaine séparés, ça n'a jamais tué personne, de toute façon. N'est-ce pas?

dimanche 13 juillet 2014

Mise à jour santé

Je suis allée voir mon médecin il y a deux semaines en lien avec l'opération que j'ai dû subir à la fin du mois de mai, histoire de faire un suivi. J'étais un peu craintive par rapport à ce rendez-vous, car mon chirurgien avait demandé des analyses en labo pour vérifier certains détails et il avait évoqué vouloir écarter l'hypothèse d'un cancer. 

Ce mot m'a toujours fait peur. Ça peut sembler étonnant, compte tenu de ma maladie et des différentes épreuves et bibittes que j'ai affrontées, mais le cancer reste pour moi une source d'angoisse assez énorme. Je pense que la plupart des gens ont cette peur, donc je sais bien que je ne suis pas la seule. Et ce, autant pour moi que pour les personnes de mon entourage. Je ne peux pas contrôler ça, c'est plus fort que moi. 

Donc, quand il a parlé de cancer, je ne l'ai pas trouvé drôle. À cause des anti-rejets, le risque d'en développer un est plus élevé dans mon cas, puisque mon corps n'a pas autant d'anti-corps que la normale pour se défendre contre les "indésirables". Il faut être plus vigilant et vérifier tous les signes. 

Je ne prolongerai pas le suspense davantage, pour ne pas vous entraîner dans ma panique. Les résultats d'analyse sont revenus sans traces de cancer. J'étais profondément soulagée en entendant la nouvelle. Mon médecin n'avait pas de doutes sérieux, mais ne voulait pas prendre de chances inutiles non plus, ce pourquoi il m'a opéré vite. Il faut maintenant continuer à être alerte et faire un suivi aux six mois. Ça implique des rendez-vous à l'hôpital supplémentaires, mais j'aime mieux ça plutôt que d'y retourner juste dans un an et de découvrir que les choses ont dégénéré. 

Je peux maintenant respirer un peu et profiter du reste de l'été!

jeudi 10 juillet 2014

Drôle de voyage

Je suis allée en vacances, à la fin juin, faire mon traditionnel pèlerinage à Ogunquit, dans le Maine. Je pense que je n'ai plus à répéter que je suis une habituée de la place, allant là depuis l'âge de six ans. Mais c'était différent cette année, puisque c'était la première fois que j'y allais avec mon chum. J'avais cette fantaisie, quand j'étais plus jeune et que j'étais assise à l'arrière de la voiture de mes parents, qu'il y avait à côté de moi un beau jeune homme qui allait passer toute la semaine avec moi. Au lieu d'être seule comme un coton à suivre mes parents partout (ah! les belles réflexions d'une ado...). 

À 28 ans, je ne suis définitivement plus une ado, mais je me perds encore parfois dans mes rêvasseries et je resterai toujours une grande romantique. Pas une romantique quétaine, juste romantique. Et c'est à 28 ans que c'est arrivé, mon amoureux était là dans l'auto, à rire tout seul en regardant une série sur des extra-terrestres sur son cellulaire, pendant que je lisais. Dans ma tête, la semaine ne pouvait que bien aller. Pas le choix.

Ça n'a pas si bien été que ça, en fin de compte. La semaine n'a pas été catastrophique, loin de là, mais disons que j'ai déjà vécu des vacances plus agréables, pour toutes sortes de petits détails "gossants". Premièrement, la température a été froide. Le jour, à moins d'être en plein soleil, on avait toujours un peu le frisson à cause du petit vent qui ne prenait jamais de relâche. Et la nuit, on gelait carrément. 

Deuxièmement, à cause de mon opération subie un mois plus tôt, je ne pouvais pas me baigner, ni dans la mer, ni dans la piscine, ni dans le spa. Je n'aime pas me baigner tant que ça, alors ça allait, mais avec le vent constant, ça ne donnait pas trop envie d'aller faire la baleine échouée sur la plage. Mes parents et mon parrain y allés deux fois et ont dû apporter leurs manteaux. Mettre un manteau sur le bord de la mer, faut le faire! Mon amoureux et moi sommes restés sur le bord de la piscine et même là, l'eau était froide. J'y ai mis les pieds pour me rafraîchir, et même si ça m'a fait du bien, ça ne m'aurait pas donné envie de m'y saucer.

Troisièmement, j'ai eu mal au ventre toute la semaine. Et quand je dis toute la semaine, c'est TOUTE la semaine. Genre de ballonnements, pression constante, l'impression d'être enceinte de six mois et incapable de dormir. Après trois jours d'insomnie, je me suis décidée à prendre mes pilules roses parce que je n'en pouvais plus. Se droguer en voyage, pas génial. Mais il fallait ce qu'il fallait.  Je ne sais pas si c'est la bouffe de là-bas qui ne m'a pas fait, trop de fruits de mer et de fritures. Pourtant, je n'ai jamais eu de problème avant.

Oh, on a quand même fait toutes sortes de choses. Une belle promenade sur le Marginal Way, où tu marches sur le bord des rochers, des soupers au resto (même si je ne mangeais pas beaucoup), du flânage dans les boutiques du village, un peu de magasinage, une virée à Portland où je n'avais pas mis les pieds depuis l'âge de 13-14 ans. Même une partie de mini-golf!

Je ne me plains pas tant que ça, au fond. Je pense que le problème est qu'après toutes ces années, je commence à avoir fait le tour de l'endroit. Je n'avais jamais ressenti ça, avant. J'ai toujours eu hâte d'aller à Ogunquit et j'en revenais satisfaite et reposée. Pas cette fois-ci. Les choses ont changé, j'imagine. J'ai changé et ma vie aussi. Et puis, on s'entend que de partir une semaine avec ses parents quand on est en couple, ce n'est peut-être pas l'idéal. Je voulais seulement faire découvrir l'endroit à mon amour.

On va essayer de se trouver une autre destination, l'an prochain, mon amoureux et moi. Notre petit coin de paradis. Pas besoin que ce soit bien loin, ça peut être au Québec. De toute façon, je ne sors pas avec un grand voyageur. Mais il comprend mon besoin de sortir de la ville de temps en temps. 

Je dois créer mes propres souvenirs de vacances, maintenant. Ça fait bizarre comme sensation, d'en avoir la liberté. On dirait que je ne sais pas par où commencer...






vendredi 4 juillet 2014

La Trinité des chats

Chez mon ex, il y avait trois chats. Et la mienne, ma grosse Carmen, était restée bien sagement avec mes parents. Je n'avais pas envie que la maison devienne une ménagerie et comme il y avait déjà en masse de poils qui trainaient partout comme ça, j'ai dû la sacrifier.

Mon amoureux a deux chats, deux mâles adorables, mais tellement différents l'un de l'autre. Isaac, un grand rayé à poils courts, élancé, athlétique, hyper sociable et curieux, qui vient voir dès que quelqu'un sonne à la porte ou entre dans l'appartement. Son maître, c'est mon amoureux, mais je suis en train de l'avoir à l'usure. C'est un grand affectueux qui ne s'assume pas.

Le deuxième, Guiness, un tout noir aux poils longs, a l'air gros, mais c'est tout son poil qui crée l'illusion. Il est tout mince, au fond. Il est peureux pour quatre, court se cacher dès qu'il entend un bruit suspect, ne veut rien savoir des étrangers. C'est la fuite quand la porte d'entrée s'ouvre, à moins qu'il reconnaisse la personne qui arrive. Il ne tolère que mon amoureux et moi. La première fois que j'ai mis les pieds à l'ancien appartement de mon amoureux, ça a été impossible pour moi de voir Guiness. Je l'ai rencontré seulement deux semaine plus tard, et encore là, il se couchait à l'autre bout du couloir, accroupi, près à déguerpir à tout moment. La première fois que j'ai pu le flatter a été une grande victoire pour moi. Mais sous ses airs farouches, dans le fond, c'est une grande guidoune, prêt à tout pour des caresses. Il faut simplement l'apprivoiser. 

J'aime être entourée de ces deux mâles, alors que j'ai toujours eu seulement que des chattes à la maison. Ils n'ont pas du tout le même caractère. Le matin, quand mon alarme sonne, ils sont au rendez-vous au pied du lit à attendre que je me lève. Mon amoureux part tôt le matin pour le travail, alors ils savent que le seul humain qui reste dans leur espace de vie va pouvoir s'occuper d'eux. Ça m'a toujours fasciné de voir comment les chats apprennent vite nos habitudes de vie, savent à quelle heure on se lève, quand on rentre du travail, etc. Ce sont des bêtes intelligentes qui n'ont rien à envier aux chiens.

Que se passe-t-il avec ma Carmen, dans tout ça? Je suis en négociations constantes avec mes parents pour la rapatrier dans mon nouveau chez-moi. Je ne pensais pas que ça allait être aussi compliqué. Quand on l'a adopté à la SPCA, mon père m'a bien fait comprendre que c'était MON chat et que je devais m'en occuper et défrayer tous les frais que ça impliquait. Je n'avais pas de problèmes avec ça, puisque c'est moi qui avais supplié pour avoir un nouveau chat pour remplacer ma Gribouille qu'on avait dû faire euthanasier pour cause de vieillesse. J'étais en attente de greffe à ce moment-là et je ne voulais pas me retrouver seule dans la maison sans autre âme qui vive. C'est comme ça que Carmen est entrée dans ma vie. Et depuis que je suis déménagée, même si j'aime beaucoup Isaac et Guiness, elle me manque. Et mon père veut absolument la garder. Il dit avoir besoin d'une présence animale dans sa maison, jusqu'à ce qu'il s'achète un chien. Projet qui devrait aboutir prochainement. Et même là, il laisse entendre qu'il voudrait garder la chatte malgré tout. 

Je vais devoir sortir l'artillerie lourde pour le faire changer d'avis. Et plus tôt qu'il ne le pense, parce que là, j'en ai assez. Je veux mon chat, bon!



Avouez qu'ils feraient un trio de la mort!

jeudi 19 juin 2014

Un plaisir retrouvé

Qu'on se le tienne pour dit, revenir chez ses parents fait reprendre de vieilles habitudes. C'est comme retrouver de vieilles pantoufles qu'on a porté pendant longtemps; elles sont confortables parce qu'elles ont pris la forme de notre pied avec le temps, on a nos traces dedans. Deux ans et demi de cohabitation parentale m'avait remise dans un état paresseux, en particulier par rapport à la cuisine. Avec mon ex, puisqu'il n'aimait pas cuisiner et ne savait pas vraiment comment s'y prendre, j'avais dû prendre les choses en mains. J'aime la variété et bien manger, et je voulais manger autre chose que du Kraft Diner aux saucisses et des Pogos (seules "spécialités" de l'ex mentionné précédemment). Mais une fois de retour dans la maison familiale, je n'ai plus eu besoin de me casser la tête pour élaborer les repas ni préparer la bouffe, car c'était toujours ma mère qui cuisinait. C'était un réflexe pour elle et je dois avouer qu'au début, ça faisait bien mon affaire de ne pas avoir à m'en préoccuper. J'avais le moral assez à plat, tellement que je ne voulais même plus feuilleter le circulaire de la semaine chez IGA. Cuisiner rimait avec peine d'amour, alors je faisais tout pour m'en éloigner. Bien sûr, je mettais la main à la pâte quand on avait besoin de moi (je n'étais pas devenue complètement égoïste tout de même), mais j'entreprenais rarement quelque chose par moi-même.

Et c'est resté comme ça pendant deux ans et demi. Ma mère et moi ne questionnions pas cet ordre établi entre nous deux. Ça faisait l'affaire de tout le monde.

Depuis que je suis emménagée avec mon amoureux, j'ai repris goût pour la cuisine. J'ai ressorti mes livres de recettes et mes nombreux magazines, j'ai même renouvelé mon abonnement à celui de Ricardo. Je fais ce qu'il me plaît, sans me casser la tête. Je n'ai jamais aimé les recettes compliquées. Il va nous falloir un nouveau congélateur parce que je suis en train de remplir à capacité celui du réfrigérateur. Juste cette semaine, j'ai fait des muffins aux trois fruits, des muffins aux bananes et pépites de chocolat et un pain aux bananes et chocolat. Sans parler des pots de sauce à spaghetti.

Cette fois-ci, la grosse différence est que j'ai un chum qui aime cuisiner et qui s'intéresse à l'élaboration des repas.  Ce n'est plus moi qui fais tout toute seule, mais bien une coopération. C'est définitivement moins lourd à gérer et beaucoup plus agréable.  Avant de me rencontrer, il s'était mis au cannage, préparer différents plats qu'il scelle dans des pots Mason. Il s'était constitué une belle réserve de toutes sortes de choses qui se garde longtemps.C'est une expérience qu'on va certainement répéter cet été, avec tous les bons produits frais du Québec. On habite tout près du marché Atwater en plus, ce qui est un avantage.

Le petit problème qui ressort ces temps-ci est que je ferais de trop généreuses portions lors des soupers, ce qui fait engraisser Monsieur! On dit qu'on attrape son homme par le ventre et dans mon cas, il ne peut clairement pas  résister à ma nourriture. Surtout qu'il avait l'habitude de surveiller son alimentation et de calculer les calories, ce qui lui avait quand même permis de perdre 40 lbs. Comme je n'ai jamais eu à surveiller le nombre de calories que j'ingère à cause d'une absorption difficile des nutriments par mon organisme, ce n'est pas un réflexe que je possède quand je cuisine. Pourtant, je n'ai pas l'impression de cuisiner grassement ou de façon trop calorique. C'est peut-être plus une question de portions. Je ne peux cependant pas contrôler la quantité de nourriture qu'il met dans son assiette! 

On en est venu à se faire un genre de tableau regroupant nos menus de semaine avec les calories pour chaque portion. Ça va nous permettre de voir où il pourrait y avoir des changements à faire. Mais c'est certain que je continuerai de manger à ma faim, avec des grignotines en à-côté (fromage, noix, etc.). Et puis on ne se prive pas durant les fins de semaine, avec des sorties au resto, ce qui compte dans la balance. Au final, on devrait trouver un compromis qui arrange les deux parties. En autant que je puisse continuer à cuisiner à ma guise!

jeudi 12 juin 2014

Quelque chose de léger

Mon dernier billet était plutôt lourd et heureusement, je suis de meilleure humeur depuis quelques jours. Je ne dors pas mieux, mais ça va bien finir par revenir. J'ai réussi à faire changer mes pilules pour dormir par mon médecin à la clinique de greffe hier, alors j'espère que ce sera plus efficace. Je suis prudente, bien sûr, en n'en prenant pas à tous les jours, parce que ces trucs-là peuvent rendre dépendants et je n'ai pas trop envie de me retrouver accro aux somnifères. Disons que c'est seulement pour les cas où je n'en peux vraiment plus d'avoir un cycle de sommeil tout à l'envers et pour donner un congé à mon système. Comme quoi il n'y a rien de parfait.

Alors, pour alléger les choses ici un peu, je voulais partager mon excitation du moment. Il y a des jours où ça ne me prend pas grand-chose pour m'énerver et cette semaine, c'était l'annonce de la date de sortie de la nouvelle génération du jeu vidéo des Sims! Eh oui, on est déjà rendu aux Sims 4. (Pour ceux qui ne sont pas gamers et qui n'ont aucune idée de quoi je parle, vous allez comprendre.) Et ça va sortir le 2 septembre 2014, soit quelques semaines avant ma fête. J'ai lancé un message pas subtil du tout à amoureux comme quoi ça ferait un très beau cadeau de fête. Il a compris, vous pensez? 

Je vous laisse avec le vidéo de promotion officiel du jeu, création d'histoires. Bonne journée!

mercredi 4 juin 2014

Le chat qui court après sa queue

Je n'écris plus ici. Ça ne me tente plus. Plus comme avant. Pas que je n'en aie plus besoin, parce qu'en dedans de moi, j'ai toujours autant de choses à dire. J'ai plutôt l'impression que je ne sais plus comment les dire. L'autre partie du problème est aussi qu'il n'y a pas grand-chose qui me tente, ces temps-ci. 

La vie de couple va bien. J'ai un amoureux merveilleux, à qui je peux tout dire et qui est là pour m'épauler en tout temps. C'est certain qu'on a nos accrochages comme tout le monde; la vie à deux demande des ajustements. Je ne pourrais pas dire qu'on se chicane, on s'obstine à  la tonne, ça oui. Mais pour la chicane, aucun de nous n'aime les conflits, ni les éclats de voix, ni le lançage d'assiettes. De toute façon, on a des assiettes qui ne se cassent pas, alors ça ne servirait pas à grand-chose. Je n'ai jamais eu un tempérament très bouillant et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer. Alors, quand on se confronte, ça fait dans le calme, moi avec mon air bête et lui son air encore plus sérieux qu'à l'habitude (parce que c'est Monsieur sérieux incarné celui-là) et on finit par en faire le tour. J'ai mes manies, il a les siennes, c'est normal qu'il y ait parfois des flammèches. Mais au final, je nous vois comme un couple harmonieux.

Donc, le problème n'est pas là. C'est tout le reste de ma vie qui me donne l'impression de tourner en rond. Je n'ai toujours pas d'emploi. J'ai abandonné le travail social comme je l'ai déjà dit - peut-être pas pour de bon, mais pour l'instant, oui - et je me cherche. Je cherche un emploi à temps partiel qui m'offre de la stabilité, de la flexibilité et qui correspond au peu d'expérience de travail que je possède. Secrétariat, travail de bureau, commis, rédaction... ce genre de choses. Je suis en train de penser de devenir caissière dans un Jean Coutu juste pour faire quelque chose.

Mais mes efforts de recherche sont vains, dernièrement. Je dois jongler avec les rendez-vous médicaux à tout bout de champ, les différents suivis en différentes cliniques. Insérer des entrevues d'embauche au travers de tout ça représente un méchant casse-tête. Ce ne sont pas les poumons qui font des siennes, heureusement, mais pleins d'autres problèmes autour. La prise d'anti-rejets provoque des effets secondaires indésirables qui sont difficiles à contrôler. J'ai dû me faire opérer la semaine passée et je suis donc en convalescence pour deux semaines. Ce n'était rien de grave - pour l'instant, car j'attends des résultats d'analyse - mais je suis très inconfortable en ce moment et mon niveau d'énergie est assez bas. Je n'ai pas beaucoup d'appétit non plus. Je fais la cuisine pour essayer de réveiller mon estomac.

Je surfe sur le net à la recherche d'activités à faire, de bénévolat, de chorales au sein desquelles chanter... et rien ne m'intéresse. Je me sens vide. Depuis un bout. Comme dépassée par les événements. Par ce que ma vie est devenue depuis la greffe. Je sais que je suis choyée d'être en vie et bien entourée et que je chiale le ventre plein. Mais on dirait qu'il me manque quelque chose. J'ai des problèmes d'ajustement, je pense. Quand j'ai commencé mon bacc en travail social en 2004, il y a une partie de moi qui se disait que je n'en verrais pas la fin, parce qu'il ne me restait pas tant d'années que ça à vivre. Ensuite, j'ai été greffée et j'ai pu terminer mon bacc. J'ai mon bout de papier, mais je ne sais pas quoi faire avec. Je le vois bien maintenant que ça me déstabilise. Je n'ai pas les forces physiques et mentales nécessaires pour exploiter cet aspect-là de ma vie. 

Je m'occupe de mon nouveau chez-moi, je cuisine, je prends soin des miens, je veille à ma santé, je fais du bénévolat une fois par semaine. Et quand j'ai terminé, je m'écrase devant la télé ou l'ordi. Parfois, je vais marcher jusqu'au bord du canal Lachine. Ça m'apaise un peu. Mais je reste toujours avec cette drôle d'impression au travers de la gorge que mes jambes ne me mèneront jamais assez loin. Je voudrais en faire plus, mais je n'en ressens pas l'énergie. Et comme je n'ai pas d'énergie, eh bien je ne fais rien. C'est un méchant cercle vicieux. Comme un chat qui court après sa queue. 

Je ne me sens pas utile. Mon amoureux dit que je vois ça pire que ce qu'est la réalité. Que je me mets trop de pression. Peut-être bien. Mais c'est que je pensais que l'après-greffe serait autrement. Comment exactement, je ne sais pas. Mais différent. Moins centré sur la maladie, les bobos, la déprime. Plus dynamique, plus satisfaisant, plus enrichissant. Oh, la plupart du temps, ce n'est pas si mal que ça. Mais des jours comme aujourd'hui, j'ai de la misère à distinguer le soleil au travers des gros nuages gris.

vendredi 4 avril 2014

Un petit bout de bonheur

Vous souvenez-vous de ce projet qui s'en venait, mais dont il restait encore quelques détails à régler avant d'en parler? Eh bien, tout est maintenant en place et je peux vous le dire.

Je suis partie de chez mes parents pour emménager avec mon amoureux!

Si on m'avait dit que ça m'arriverait il y a deux ans de ça, je ne l'aurais pas cru. À ce moment-là, dans mon esprit, j'étais convaincue que je ne rencontrerais plus jamais l'amour et que je finirais mes jours chez mes parents. J'étais prête à faire face à la vie en solitaire. Clairement, il y avait trop d'obstacles dans ma vie pour l'amour et j'avais fait l'autruche en croyant pouvoir vivre une belle vie de couple épanouie. Et me voici maintenant en couple et en cohabitation avec le gars que j'aime, heureuse comme jamais.

Je me sens bien. Légère. Indépendante et beaucoup plus sûre de moi. J'ai fait tout un cheminement pour arriver là et c'est grâce à sa patience et sa douceur. Il ne m'a pas brusqué, on a pesé les pours et les contres et au final, j'ai décidé de prendre une chance. Et je ne regrette pas du tout mon choix. Ça fait beaucoup de bien de ne pas sentir de pression de sa part, par rapport à ma maladie et les limites qu'elle implique. Les choses sont claires et s'il y en reste à éclaircir, on n'a pas peur de s'asseoir et d'en parler.

Et puis, à 28 ans, il était temps que je quitte le nid familial et que je retrouve mon autonomie. L'ayant déjà quitté il y a quelques années, y revenir ne s'était pas fait de gaieté de cœur. J'adore mes parents, mais j'avais besoin de respirer. On s'en porte tous beaucoup mieux et je trouve qu'on a même une meilleure relation qu'avant mon déménagement.

J'ai pris du temps à me décider parce que j'avais peur, ayant en tête ma dernière relation qui n'avait pas fonctionné et qui m'avait complètement démoli, mais maintenant que c'est fait et que je vois à quel point tout est plus facile, je me demande bien pourquoi j'ai tant hésité! Je ne sais pas si c'est un bonheur à long terme dans lequel je me suis engagée, mais j'ai bien l'intention d'en profiter le temps qu'il va durer.

jeudi 6 février 2014

Allez, souffle!

J'ai commencé ce blog après ma greffe de poumons, donc il y a quatre ans et cinq mois, mais je réalise que je n'y parle pas beaucoup de ce qu'est le quotidien d'un ou d'une greffé(e).

Juste pour vous mettre en contexte, ma vie au jour le jour avant la greffe se composait de prendre plus de 30 pilules par jour, de faire des traitements de physiothérapie respiratoire et des traitements d'aérosols deux fois par jour, de prendre mon taux de sucre quatre fois par jour et de me donner de l'insuline à chaque fois que je mangeais pour contrôler mon diabète, d'aller à des rendez-vous de suivi à l'hôpital, de passer différents examens médicaux, être hospitalisée régulièrement pour des traitements d'antibiothérapie intraveineuse pour contrôler les infections pulmonaires, etc. Ça, c'était quand mon état était assez stable. Le cours normal des choses quand on est atteint de fibrose kystique, finalement.

Quand je me suis retrouvée sur la liste d'attente pour une greffe de poumons, j'avais commencé à avoir besoin d'oxygène pour dormir la nuit parce que je désaturais durant mon sommeil. Traduction: le taux d'oxygène dans mon sang diminuait pendant que je dormais, ce qui, à long terme, allait contribuer à endommager mes poumons davantage et me causer d'autres problèmes de santé. Ensuite, j'ai demandé à avoir l'oxygène aussi dans mes déplacements de tous les jours, parce que je continuais d'aller à mes cours à l'université et marcher s'en venait de plus en plus demandant. Donc, je traînais un espèce de sac à dos contenant une bombonne d'oxygène et je recevais ladite oxygène par des lunettes nasales (photo ici). Vers la fin, j'ai arrêté de prendre le métro parce que je manquais d'air lorsque j'étais dans les wagons de trains et monter les escaliers pour sortir du métro était devenu un enfer. Il n'y avait pas encore d'ascenseurs dans les stations, ce que j'aurais beaucoup aimé et qui en même temps ne me rajeunit pas! Je me suis bientôt retrouvée presque tout le temps confinée chez moi parce qu'à peu près tout me demandait un effort considérable et que j'avais de l'oxygène presque 24h sur 24. Mes hospitalisations avaient été rapprochées aux trois mois au lieu de six pour s'assurer que je me rende jusqu'à la greffe. Je n'allais plus à l'école, je ne sortais presque plus non plus. Je prenais toujours autant de médicaments. Mais je dois avouer que côté traitements de physio et d'aérosols, je n'étais plus aussi assidue qu'avant. Une fois par jour était devenu assez pour moi, dans le sens que je ne voyais plus vraiment à quoi ça pouvait bien servir de perdre mon temps à faire tout ça alors que je mourais à petit feu. J'étais pleinement consciente que si je n'avais cette greffe, je ne m'en sortirais pas, alors à quoi bon?

Pourquoi je parle de tout ça aujourd'hui? Parce que je suis allée à un rendez-vous de suivi en greffe, hier. Parce que mes nouveaux poumons sont pétants de santé et que je ne me suis jamais aussi bien sentie. Peu avant la greffe, j'avais un VEMS de 27%. Le VEMS est le volume expiratoire maximum seconde. On le calcule par un test de spirométrie. On souffle dans un dispositif connecté à un ordinateur et au final, ça donne en quelque sorte la capacité pulmonaire de la personne. Une personne en santé devrait avoir un VEMS de 100% ou plus. Alors, vous comprenez que 27%, c'est plutôt bas. Hier, j'ai soufflé à 115%. Le jour et la nuit. Je prends toujours autant de pilules, dont certaines que je dois prendre à tous les jours à des heures précises, ce pour toute ma vie. Les oublier pourrait être extrêmement dangereux, même entraîner ma mort. Mais ma qualité de vie est tellement supérieure! Hier, en voyant le résultat, ça m'a émerveillé même si ce n'est pas le premier résultat du genre que j'obtiens depuis ma greffe. Ça m'a émerveillé, parce que je suis passée si près de la mort et maintenant, je me sens tellement loin de tout ça. Le corps humain ne cessera jamais de me surprendre.

mardi 21 janvier 2014

Partir l'année du bon pied

Il est peut-être un peu tard pour parler de résolutions du Nouvel An, mais au moins, je me dis que le mois de janvier n'est pas encore terminé!

Je ne parlerai pas vraiment de résolutions, de toute façon. Principalement parce que je ne tiens jamais les résolutions que je prends. Ce n'est jamais vraiment sérieux et après deux mois, j'ai déjà rangé le tout dans le fin fond d'un placard. J'ai lu quelque part qu'il était plus réaliste de se fixer des buts pour l'année parce que ça nous met moins de pression. Je n'aime pas me mettre de la pression, même si c'est ce qui me faisait produire d'excellents travaux en fin de session à l'université. Alors je trouve que cette histoire de buts est pleine de bon sens!

Je vous donne donc ces quelques buts que j'ai décidé de me fixer pour cette année.

  • Bouger plus: Il faut définitivement que je fasse de l'exercice. Après ma greffe, je m'étais inscrite dans un gym et j'y allais deux fois par semaine. En neuf mois, j'ai vu un changement incroyable au niveau de mon endurance et de ma force physique. Par la suite, j'ai arrêté l'entraînement parce que j'ai voulu recommencer l'école et je n'avais plus le temps. Ensuite, j'ai eu une encéphalite et je me suis complètement déconditionnée. Donc, retour à la case départ. Le seul problème avec le gym, c'est que je déteste m'entraîner sur des machines et avec des poids et que pour vraiment me motiver à y aller, il a fallu que je me paye des séances avec un entraîneur privé. Et ça coûte cher. Et je n'ai vraiment pas les moyens en ce moment. Donc, j'aimerais me trouver une activité qui ne coûte pas la peau des fesses, que je trouve amusante et satisfaisante, comme des cours de danse, zumba, aérobie, la marche ou le vélo. Ou même faire des exercices sur ma Wii Fit ou la Kinect de mon amoureux. Des choses que je peux faire à mon rythme et qui vont m'emballer pas mal plus que de faire de l'elliptique. Et puis, il est certain que de me remettre en forme va me ré-énergiser et j'en ai grand besoin.
  • Me trouver un emploi adapté à ma condition de santé: J'ai terminé mon bacc en avril dernier, qui était mon but principal des dernières années. Je veux maintenant un emploi. Le problème, encore une fois, est que j'ai dû accepter le fait que le travail social n'est pas fait pour moi parce que c'est difficile physiquement. Ça demande de l'endurance, de faire beaucoup d'heures, de se déplacer pour rencontrer les clients, etc., et les conditions de travail dans le réseau de la santé sont loin d'être idéales en ce moment. Émotionnellement parlant, je ne me suis jamais cachée la tête dans le sable, je savais que c'était aussi un milieu dur. Et je crois que j'ai vécu assez d'épreuves et d'expériences difficiles dernièrement. Me plonger à temps plein dans les problèmes des autres me fait un peu peur maintenant, je l'avoue. Ne pas avoir été malade comme je l'ai été, probablement que j'aurais eu la motivation nécessaire pour continuer dans cette profession, mais aujourd'hui, je ne m'en sens plus la force. C'est pourquoi je vais amorcer une réorientation de carrière en me cherchant un emploi dans un bureau qui va me permettre de trouver stabilité et flexibilité. Oui, certains greffés sont capables de travailler du 40 heures par semaine, mais moi je me fatigue vite et j'ai besoin de plus de temps pour récupérer, en plus de nombreux problèmes digestifs qui me clouent au lit au moins une fois par mois. Tous ces enjeux sont à prendre en considération dans mon cas.
  • Vivre pour moi: Je suis greffée et beaucoup plus en forme qu'avant, j'ai mon diplôme et un amoureux stable, donc je considère que j'ai tous les moyens en ma possession pour vivre ma vie pour moi. Faire les choses pour moi et non pour faire plaisir aux autres. La décision de me trouver un emploi à temps partiel dans un domaine plus adapté à mes capacités vient tout à fait rejoindre ce but. J'ai eu de la pression à la fin de mon bacc pour aller faire une maîtrise en travail social et j'ai bien failli aller dans cette direction pour faire plaisir, pour acheter la paix. Mais je n'en avais pas du tout envie. Oui, je suis greffée et ai donc considérablement augmenté mon espérance de vie, mais je reste tout de même réaliste. Je ne peux pas prédire l'avenir, donc impossible de dire combien de temps il me reste à vivre. Je n'ai donc pas envie d'aller passer deux autres années, voire peut-être quatre si j'étudie à temps partiel, sur les bancs d'école. Ça m'a pris huit ans pour terminer mon bacc et disons que j'ai développé un certain dégoût face aux études. Je veux vivre un peu, retourner sur le marché du travail, avoir une certaine autonomie financière et sentir que je contribue à la vie en société. Même si c'est seulement à temps partiel. Chaque petit grain de sable fourni à l'engrenage compte. Je vais me sentir beaucoup plus utile comme ça qu'en retournant à l'université. 
En bref, ce n'est pas compliqué: je veux croquer dans la vie à pleine dent et j'ai besoin de toutes mes énergies pour pouvoir le faire. Je crois avoir plusieurs bons atouts en mains, alors je serais un peu niaiseuse de ne pas essayer. Je vais faire de mon mieux pour y arriver.

lundi 13 janvier 2014

Triste départ

Quelques jours après Noël, mon père m'appelait. Juste au ton de sa voix, même avant qu'il ne dise "J'ai une mauvaise nouvelle", je savais que quelque chose n'allait pas. C'était un de mes oncles, mon grand oncle, en fait. Il était décédé à l'hôpital. Il devait partir pour Montréal pour une opération cardiaque à 6h30, l'infirmière l'a retrouvé inanimé à 6h15. Il lui avait parlé toute la nuit à chaque fois qu'elle venait faire sa ronde pour s'assurer que tout allait bien. Et puis, au matin, il était parti. Tout simplement.

Il ne voulait pas se faire opérer. Il avait peur. Il se pensait trop vieux pour subir ça, avec la convalescence qui allait s'en suivre et tout le reste. À 88 ans, on ne peut pas le blâmer.

Il l'a vécu, sa vie. À fond, en profitant de chaque instant, au travers des joies et des peines. C'était un homme chaleureux, bon vivant, qui parlait tout le temps et qui avait une mémoire d'éléphant. C'était fascinant de l'écouter raconter des pans de sa vie, avec des tonnes de détails. J'adorais ça.

Je ne le voyais pas souvent, mais je l'appréciais beaucoup. Et à ses funérailles, j'ai appris qu'il m'appréciait aussi. La petite Viv, qu'il m'appelait. J'ai rencontré plusieurs personnes que je ne connaissais pas ce jour-là, mais elles, elles entendaient parler de moi constamment. Il était fier de moi. Ça m'a touché. Je ne soupçonnais pas ça.

"Mon vieux mononcle" Gaston, j'espère que tu as trouvé le repos et la paix d'esprit, maintenant, et surtout, que tu as retrouvé tante Meggie qui t'a quitté beaucoup trop tôt. Je sais qu'elle te manquait toujours autant, malgré les années. Veille sur moi, j'en ai bien besoin. Et je tâcherai de continuer à te rendre fier.