mardi 10 janvier 2012

Culpabilité mal placée

Quand je suis chez mes parents, je ressens toujours le besoin de me justifier. De justifier le fait que je fais rien, que je passe mon temps sur l'ordinateur ou devant la télé. Mais je ne comprends pas où est le problème, ni pourquoi je me sens presque coupable, parce que je ne peux rien faire! En tout cas, pas par moi-même. J'ai pris l'habitude de ne plus avoir constamment de comptes à leur rendre. Pas qu'ils m'en demandaient tant que ça, mais encore une fois, je me sentais obligée de le faire. Parce que c'est leur maison et que "dans notre maison, c'est comme ça que ça fonctionne", que je leur ai toujours dit où j'allais, avec qui et à quelle heure je rentrais.

Avec mon homme, je me retrouve à avoir les mêmes remords. Il m'appelle le midi sur son heure de dîner et me demande, un peu machinalement, ce que j'ai fait de mon avant-midi. Je réponds normalement "Rien" ou encore "J'étais sur l'ordi...". Et je trouve ça horrible. Horrible, parce que lui travaille et moi je fais le légume dans le salon. Je dis "rien" et j'ai besoin de justifier le "rien". J'aimerais lui répondre une de ces fois "Ah, mais j'ai fait un saut de deltaplane vers 10h00 et ensuite, je suis revenue à la nage contre le courant" (vous voyez le genre), juste pour le surprendre. Mais le pire, c'est qu'il n'y a rien à justifier ou expliquer. Je sais très bien qu'il ne me blâmera pas, mes parents non plus d'ailleurs. C'est un état passager, une convalescence, qui par définition veut dire se reposer et reprendre du mieux. Et comment se repose-t-on déjà? Ah oui, en ne faisant rien.

Suis-je restée marquée par les règles parentales? Par les remontrances et les regards réprobateurs si je posais un geste qui ne leur plaisait pas? Ou bien est-ce plutôt que je n'ai pas encore appris à m'assumer et à dépendre seulement de moi-même dans la vie? Je transfère ça sur mon homme, cherchant à me rapporter à quelqu'un en l'absence de ma mère. C'est un peu pathétique...

3 commentaires:

  1. Mes parents sont les personnes qui réveillent toutes les culpabilités du monde en moi. En fait, pas eux. Mais moi, face à eux. Je me crée ça moi-même. Et moi aussi, il m'arrive tout comme toi de me demander d'où ça vient, pourquoi... On dirait qu'y'a un p'tit bouton secret et que n'importe quoi l'accroche. Peut-être une recherche d'approbation !?

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  2. Viv, tu ne dois surtout pas te sentir coupable de ne rien faire dans ta situation! Comme tu dis, tu es en convalescence, c'est fait pour ça!

    Est-ce que tu pourrais par contre t'adonner à un petit passe-temps qui te donnerait un certain sentiment d'accomplissement, bricolage, écriture, lecture??

    Peut-être que ça te permettrait d'avoir l'impression de moins "rien" faire...

    Mais en même temps, profites-en! C'est rare qu'on a la chance de ne rien faire et peut-être que ça ne te réarrivera jamais!!!

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  3. Impulsive: Oui, une recherche d'approbation, je crois que c'est ça. Que les gens qu'on estime nous dise qu'on fait la bonne chose ou qu'on a raison de le faire.

    Michèle: Je le sais bien que je ne dois pas me sentir coupable, mais c'est plus fort que moi. Pour les passes-temps, le bricolage ce n'est vraiment pas mon fort. Je lis beaucoup d'ordinaire, mais on dirait que dernièrement, juste m'asseoir avec un livre me donne l'impression que le temps ne passe pas assez vite. Vu que je fais rien tout le temps, juste lire (ce qui représente ne faire de particulier) ça n'occupe pas assez...

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