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mardi 12 juillet 2016

Enfin chez soi

Nous sommes enfin déménagés!

Je n'ai pas vraiment reparlé de notre recherche d'appartement depuis le seul billet que j'ai fait à ce sujet. Je pense que c'est parce que ça me stressait vraiment beaucoup trop. Nous avons visité beaucoup de logements et à chaque fois, il y avait toujours quelque chose qui clochait. Il faut avouer que notre liste de critères était assez longue. Mais nous avons fini par trouver un beau 5 et demi avec de grandes pièces, une petite cour arrière, une entrée et un garage. Mon amoureux est aux anges, il ne parle que de faire le ménage dans son garage et de tout arranger à son goût pour pouvoir bricoler sur son auto. 

La relation entre les hommes et leur garage me fascinera toujours... J'imagine que ça doit se rapprocher de celle que les femmes ont avec leur garde-robe rempli de vêtements!

Évidemment, même si ça correspond en plusieurs points à ce que nous cherchions, il y a toujours des détails qui accrochent. Des pôles à rideaux mal installées, des lumières qui n'éclairent pas assez, l’entrée de garage qui n'est pas assez large, le ventilateur de plafond de la salle de bain qui ne tire pas assez, l'insonorisation qui est mauvaise...

Ce qu'il nous faudrait pour être totalement satisfaits (ou plutôt, pour que mon amoureux arrête de chialer), c'est de nous faire construire une maison. Elle serait à notre goût, nous pourrions prendre le temps de bien établir ce que nous voulons, comment ça doit être fait, etc.. Et comme mon amoureux est ingénieur, je pense que ce serait fait dans les règles de l'art. Mais on s'entend que de se faire bâtir quelque chose sur l'île de Montréal, ce n'est pas donné. Juste les loyers d'appartements sont chers! Et disons que notre budget est loin de nous permettre une dépense de ce genre pour l'instant.

Est-ce que nous sommes trop difficiles? Est-ce ça le fond du problème? Peut-être bien. Je répète souvent à mon amoureux qu'il habite avec une poule de luxe, qui a été élevée dans le confort d'une belle maison familiale. Donc, inévitablement, je m'attends à retrouver la même chose en appartement. Sauf que c'est impossible. Et lui est perfectionniste à l'os. Les deux combinés ensemble, ça donne comme résultat une liste d'attentes fort difficile à combler. 

Mais bon, comme nous venons tout juste de finir de défaire nos boîtes et de tout placer, je pense que je vais nous donner un peu de temps pour s'adapter. Parce que malgré tout mon chialage, je n'ai pas l'intention de m'imposer un nouveau déménagement de sitôt!

vendredi 18 mars 2016

Ça déménage!

Le printemps s'en vient (youppi!), mais l'été ne sera pas de tout repos!

Nous partons à la recherche d'un appartement. C'est la première fois que j'entreprends cette démarche, que je fixe des rendez-vous pour des visites, que j'épluche les petites annonces pour trouver le logement de mes rêves. Et je ne suis pas patiente, je me décourage vite quand je ne trouve rien à mon goût, je me dis qu'on ne trouvera jamais rien qui nous va, etc. L'éternelle pessimiste en moi s'en donne à cœur joie, quoi!

C'est que nous avons des critères pointus, mon amoureux et moi. Un quatre ou cinq et demi, avec stationnement, chats acceptés, entrées laveuse/sécheuse, entrée pour un lave-vaisselle, pas trop d'escaliers à monter (surtout pour moi avec mon problème d'équilibre et mes étourdissements), pas trop vieux, bien entretenu... Vous voyez le portrait. Dans un monde idéal, mon amoureux rêve d'un grand garage où il pourrait bricoler sur sa voiture à sa guise. Mais à Montréal, trouver un appartement qui correspond à tous nos critères et qui vient avec un garage en plus, ça relève presque d'une mission impossible! 

Nous avons bien visité un logement cette semaine qui tombait dans cette catégorie, dans un beau quartier tranquille, un coin que je connais bien d'ailleurs pour avoir vécu tout près pendant une bonne partie de ma vie. Il y avait un énorme garage avec tout plein de rangement. Mais la bâtisse datait des années 60 et le propriétaire n'y avait pas vraiment fait de rénovations depuis le temps, sauf quelques trucs mineurs. Ça avait l'air vieux et ce n'est pas du tout dans ce genre d'appartement où je me voyais habiter. Un fois le buzz du garage redescendu, mon amoureux en est arrivé à la même conclusion que moi: il fallait passer à un autre appel. 

Nous avons choisi de rester en mode location pour l'instant, car ça permet de changer d'endroit si jamais les voisins sont dérangeants ou tout autre détail qui cloche. Pas d'attache, une possibilité de résilier le bail si besoin, c'est parfait pour nous. Acheter un condo ou une maison, c'est plus contraignant, surtout compte tenu du marché actuel, où vendre n'est pas facile et où la chance de rester pris avec notre achat longtemps est forte. Et il y a toutes sortes de coûts supplémentaires, comme les taxes municipales, scolaires, les frais de condo, etc., qui viennent avec. Et il ne faut pas oublier notre budget, qui est plutôt serré. 

Si jamais quelqu'un entend parler d'un appartement qui correspond à ce que l'on cherche, faites-moi signe!

jeudi 19 novembre 2015

Sortir du cocon

Je n'ai jamais occupé un emploi bien longtemps.

En fait, ce n'est pas tout à fait vrai. Au début de mon cégep, je suis devenue caissière chez IGA et j'y suis restée pendant quatre ans et demi. Mais dans ma tête, c'est tellement loin que j'ai l'impression que je ne m'en rappelle plus. Je me souviens que j'étais épuisée quand je terminais mes journées de travail et que je voulais juste retourner chez moi pour me rouler en boule dans mon lit. J'ai quitté l'épicerie pour un emploi moins demandant physiquement, mais après trois mois seulement, mon médecin de l'époque m'a mise en arrêt de travail. Je n'étais pas encore greffée à ce moment, même que dans mon esprit, j'en étais encore très loin. 

Je n'ai recommencé à travailler qu'une fois greffée. Des emplois d'été, dans un bureau. Ensuite, il y a eu mon stage pour terminer mon bacc en travail social qui a duré huit mois. C'est techniquement mon dernier "emploi" que j'ai tenu le plus longtemps. 

Où j'essaie d'en venir est que je ne suis pas habituée de travailler sur du long terme. J'ai toujours fait des trucs temporaires, pour ramasser un peu d'argent, pour me désennuyer, pour les études. Mon corps et mon esprit ne sont pas habitués au long terme. Oui, ils l'ont déjà été, mais ils ont oublié, on dirait. 

J'ai passé plus d'un an à me chercher du travail après la fin de mes études, en espérant trouver quelque chose de stable et qui me sortirait de chez moi. Maintenant que j'ai trouvé, j'en viens à me demander si je vais être capable de rester là pour "le reste de ma vie". Comme toutes ces personnes normales qui occupent un poste pendant des années, voire pendant toute leur carrière. Ma propre carrière ne durera probablement pas 25 ans, mais j'espère bien pouvoir travailler encore plusieurs années. Mais au même endroit? Pas certaine.

Oh, ce n'est pas que je n'aime pas ce que je fais en ce moment. Ça me garde bien occupée, je rencontre des gens, ça me stimule bien intellectuellement et ça me garde aussi un peu dans ma zone de confort, dans ce que je sais que je maîtrise. Mais si je me tannais? Si j'avais envie de changement dans un an, quand mon contrat sera terminé? Je suis une éternelle insatisfaite, alors pourquoi serais-je capable de me contenter de mon poste actuel pour les années à venir? En recherche d'emploi, je visais le long terme parce que je n'en pouvais plus de chercher (et de me faire constamment demander par mon entourage si j'avais trouvé quelque chose...). Je voulais me caser, comme tout le monde. Je suis casée, maintenant. 

Et maintenant, justement? Qu'est-ce que je fais? Je refais la même chose à l'infini jusqu'à ma mort? C'est déprimant de constater que c'est ça, la vraie vie de tous les humains. L'éternelle routine du métro-boulot-dodo. C'est bien d'avoir une routine dans son quotidien, pour savoir où on s'en va, pour se rassurer que tout roule, que notre petit monde n'aura pas bouger lorsqu'on reviendra à la maison le soir après notre journée de travail. Qu'on va manger notre souper en compagnie de notre amoureux, qu'on va faire la vaisselle et qu'ensuite, on va se caler confortablement dans le divan pour regarder les émissions de soirée à la télé. La routine du quotidien à deux ne me dérange pas. Mais celle du travail, qui se répète et se répète... Pas certaine d'avoir assimilé ce concept, encore. 

Je pensais que j'avais terminé la phase "je tombe en bas de mes attentes trop élevées face à la nouvelle vie que m'offre la greffe". Vous savez, celle qui procure une euphorie incroyable d'une nouvelle vie qui va t'émerveiller chaque jour pour le restant de ta vie et que des problèmes, des soucis, des creux de vague, il n'y en aura pas. Je me voyais surfer sur la vague, heureuse et comblée de simplement être en vie et que tout allait me contenter, petit boulot répétitif et compagnie. Mais je me rends bien compte que de revenir dans la réalité, même après six ans avec mes nouveaux poumons, ça fait encore mal. Et ça me déprime encore. On dirait que je ne suis pas encore totalement sortie du cocon dans lequel la maladie m'avait enveloppé, imperméable aux désagréments du quotidien "normal" de cette planète.

Il serait plus que temps que j'en sorte, je pense.

mardi 13 janvier 2015

Se contenter de ce qu'on a

Bonne année!!!

On est le 13 janvier, est-il rendu trop tard pour souhaiter la bonne année? Eh bien, tant pis si c'est le cas, mieux vaut tard que jamais! 

Avez-vous passé un bon temps des Fêtes? J'espère que vous avez pu vous reposer en masse et profiter de bons moments en famille et avec les gens qui vous sont chers. De mon côté, mon amoureux a pris trois semaines de congé, puisqu'il avait accumulé pas mal d'heures supplémentaires au travail. Ça nous a permis de passer du bon temps ensemble et de se faire plaisir avec quelques sorties au restaurant. On a ensuite "voyagé" du côté de sa famille pour Noël, et même si on ne pouvait pas vraiment faire d'activités à l'extérieur à cause la pluie, j'en suis revenue plutôt fatiguée. Disons que les membres de sa famille fêtent un peu plus fort et veillent plus tard que chez moi. Je n'ai pas l'habitude! Au moins, du 28 décembre au 1er janvier, on a pris ça relax. Le jour de l'An s'est passé dans ma famille et à 23h00, tout était terminé! Petit contraste ici. On a tout de même eu beaucoup de plaisir. 

Même si l'année 2014 ne s'est pas déroulée tout à fait comme je l'aurais souhaité (pépins de santé, difficulté à me trouver un emploi...), je suis quand même satisfaite du tournant qu'a pris ma petite vie. Je suis bien entourée et je me trouve choyée de pouvoir compter sur des personnes fiables et solides. Il y a tout plein d'amour dans ma vie et au final, c'est ce qui compte. Je suis d'une nature chialeuse, ça ne changera pas, mais je m'efforce de me rappeler de toute la chance que j'ai dans les moments de déprime. C'est si facile de bougonner et d'énumérer tout ce qui ne fait pas notre affaire qu'on en vient parfois (surtout dans mon cas) à oublier d'apprécier les petits bonheurs simples de notre existence. Oui, je pourrais avoir plus d'argent, avoir une plus belle silhouette, avoir une santé de fer. Mais peut-être que si toutes ces conditions étaient réunies, d'autres malheurs trouveraient le tour de s'abattre sur moi. Et au final, j'en viendrais à regretter le temps d'avant. 

Je ne prends pas de résolutions, parce que je ne les suis jamais. Cette année, je veux simplement apprendre à me contenter de ce que j'ai et être bien avec moi-même. 

Et puis, pourquoi pas, essayer de suivre ces résolutions littéraires. Ça peut juste enrichir mon quotidien!

jeudi 16 octobre 2014

Une nouvelle maladie

Je regardais un vidéo sur Facebook qui a été posté par une greffée pulmonaire. Ce vidéo montrait des gens atteints de fibrose kystique qui ont tous eu la chance, comme moi, de recevoir une greffe de poumons et ainsi de pouvoir continuer leur vie. On les voyait tous, souriants, pétants de santé, mordants dans la vie à pleine dent. Ça travaille, c'est heureux, ça profite de la vie comme jamais. Tout ça dans le but de promouvoir le don d'organes.

Ne me méprenez pas, je suis totalement pour le don d'organes, j'en fais moi-même la promotion lorsque j'en ai l'occasion. Sans mon donneur, je ne serais pas ici aujourd'hui pour écrire ce billet. Il y a cinq ans, sans la greffe, je serais probablement morte.

Je trouvais que ce vidéo était parfait pour inciter les gens à signer leur carte d'assurance-maladie, pour montrer à la population à quel point un si petit geste qui prend si peu de temps peut donner de grands résultats. C'est important de montrer l'impact de la signature. Après tout, sauver une vie, ce n'est pas rien! 

Mais ça m'a aussi plongé dans une réflexion un peu moins jolie: la vie d'un ou d'une greffé(e) n'est pas rose tous les jours. Ces personnes dans le vidéo ont retrouvé le souffle de la vie, cet état incroyable qu'ils ne pensaient jamais atteindre dans leur vie, mais il y malheureusement tout un lot de problèmes désagréments qui viennent avec la greffe. Ceux qui sont capables de travailler à temps plein et de s'investir dans leur carrière comme ils le veulent sont bien chanceux. Moi, je ne travaille pas. J'aspire à me trouver un emploi, mais à temps partiel, parce que du cinq jours/semaine, je n'y arrive pas. Je cours après mon énergie et en bout de semaine, je suis épuisée. Trois jours, c'est déjà limite. Une journée bien remplie va m'en demander deux de repos par la suite. Je n'ai pas de réserves d'énergie illimitées comme je m'imaginais en avoir, quand je pensais à l'après-greffe. Je peux faire beaucoup plus qu'avant, sans conteste, mais j'atteins vite ma limite. 

Il y a ensuite les différents bobos reliés en grande partie aux effets secondaires des médicaments anti-rejet. Les opérations diverses, les problèmes cardiaques, les problèmes rénaux, les AVC, les encéphalites, le cholestérol trop haut, l'hypertension, les problèmes gynécologiques pour les filles, le diabète tout débalancé, etc. En ce moment, j'ai le cœur qui me résonne comme une tonne de briques dans la cage thoracique. Ça bat fort comme ça depuis une semaine, ponctué de palpitations cardiaques inexpliquées. Je suis essoufflée alors que mes poumons sont clairs comme de l'eau de roche. J'ai le shake plus que d'habitude. J'attends de passer des examens plus poussés pour découvrir ce qu'il se passe. Ce n'est qu'un exemple de ce qui peut nous attendre après la greffe, je pourrais vous en énumérer d'autres qui me touche personnellement.

Oh! ce n'est rien comparé à la période pré-greffe. J'en suis bien consciente, n'ayez crainte. Pour rien au monde je ne voudrais revenir en arrière. Je ne voudrais pas revivre les nombreux traitements intraveineux d'antibiotiques et les hospitalisations qui s'éternisent. Ni les millions de piqûres, prises de sang, installations de pic-line (long tube intraveineux qui permet d'acheminer les divers solutés dans le corps), ni les quintes de toux interminables qui te réveille en plein milieu de la nuit et te laisse complètement vidée et en sueur, ni les bombonnes d'oxygène à trimballer partout. Mais d'envoyer l'image que tout est parfait après la greffe, je crois que c'est de se mettre la tête dans le sable. Parce qu'il n'y a pas de vie parfaite.

On souhaiterait que ça soit ainsi, après la greffe. Que tout roule tout le temps. On y rêve tellement fort. On se crée des attentes démesurées. Et ça fait quand même un peu mal quand on retombe sur terre. Le temps que ça dure, l'effet d'euphorie est indescriptible, on se croit invincible! Mais je pense que c'est préférable de réaliser que cette perfection n'est pas atteignable. Qu'il faut garder en tête que d'accepter la greffe de poumons, c'est d'échanger une maladie contre une autre. Une maladie différente, oui, plus facile à vivre, oui, mais une maladie quand même. Je l'aime ma nouvelle maladie, parce qu'elle me permet de continuer à profiter de la vie, mais il y a des jours où elle me fait c**** en maudit...


lundi 22 septembre 2014

Crise d'adolescence

Des fois, je trouve que j'agis comme une enfant.

Il me prend des"'crisettes" dans ma tête que je ne peux pas toujours expliquer. Je tombe dans un moment de mélancolie ou de manque d'attention et je m'en vais me coller sur mon amoureux pour avoir de l'affection. Et quand il se lève pour aller aux toilettes, alors que je voudrais rester collée là pendant des heures, je me frustre parce qu'il ne fait pas attention à mes états d'âme. 

J'ai honte de moi dans ce temps-là. Je trouve que je me comporte comme une adolescente incapable de contrôler ses émotions à cause d'un trop-plein d'hormones. 

Je sais que je suis exigeante. Plus envers les autres qu'envers moi-même. J'ai toujours eu des attentes démesurées. Je me suis toujours attendue à plus. Et quand les agissements des personnes qui m'entourent ne rencontrent pas mes standards, je chigne comme un bébé. 

Je vais avoir 29 ans. Faudrait peut-être que je finisse par grandir, un jour.

mardi 22 juillet 2014

Constatation # 22

Je supporte très mal la chaleur.

Je deviens chialeuse, maussade, je me sens collante, j'ai les cheveux "grichoux", je sue à profusion et je finis par faire la baleine échouée sur le plancher du salon. Je n'ai même plus envie de faire la cuisine dans ce temps-là, parce que la simple pensée de devoir partir le four me donne chaud.  

Lors des dernières journées de canicule et celles que l'on vit présentement, j'ai constaté à quel point je m'étais habituée à vivre dans le confort de l'air climatisé. Chez mes parents, on a toujours passé nos étés dans la fraîcheur, puisque 1. l'humidité et la grosse chaleur n'était pas très recommandés pour mes poumons encrassés par la fibrose kystique et 2. mon père ne tolère pas du tout la chaleur. 

Un rien lui donne chaud. Il ne mange pas de soupe, même l'hiver, parce que la sueur se met à lui dégouliner du front. C'est très rare qu'il a froid en hiver. Le chauffage n'est jamais très élevé dans la maison familiale. Je passais mes hivers avec des grosses vestes chaudes sur le dos en tout temps. Moi congelée et lui parfaitement bien. Quand mon père dit qu'il fait froid en janvier, c'est parce qu'il fait VRAIMENT froid. Et donc l'été, l'air climatisé est dans le tapis. Ce qui m'a amené à dire que je vivais en permanence dans un igloo.  (Eh oui, je chialais aussi pour ça à l'époque)

Mais c'est seulement maintenant que je constate comme j'étais bien à l'air frais, alors qu'on n'a pas d'air climatisé dans l'appart. On reste dans un demi sous-sol, alors même s'en acheter un petit pour mettre dans la fenêtre de la chambre à coucher n'est pas vraiment une option. Les fenêtres sont à la hauteur du trottoir et donnent sur la ruelle à l'arrière de l'immeuble, et sont donc à la portée de tous. Mon amoureux n'est pas à l'aise d'installer un plexiglas qui pourrait être facilement défoncé par n'importe quel passant, et moi non plus. Notre quartier est beaucoup plus sécuritaire qu'avant, mais tout de même.

Je sais et comprends tout ça, mais il reste que là: J'AI CHAUD!

jeudi 10 juillet 2014

Drôle de voyage

Je suis allée en vacances, à la fin juin, faire mon traditionnel pèlerinage à Ogunquit, dans le Maine. Je pense que je n'ai plus à répéter que je suis une habituée de la place, allant là depuis l'âge de six ans. Mais c'était différent cette année, puisque c'était la première fois que j'y allais avec mon chum. J'avais cette fantaisie, quand j'étais plus jeune et que j'étais assise à l'arrière de la voiture de mes parents, qu'il y avait à côté de moi un beau jeune homme qui allait passer toute la semaine avec moi. Au lieu d'être seule comme un coton à suivre mes parents partout (ah! les belles réflexions d'une ado...). 

À 28 ans, je ne suis définitivement plus une ado, mais je me perds encore parfois dans mes rêvasseries et je resterai toujours une grande romantique. Pas une romantique quétaine, juste romantique. Et c'est à 28 ans que c'est arrivé, mon amoureux était là dans l'auto, à rire tout seul en regardant une série sur des extra-terrestres sur son cellulaire, pendant que je lisais. Dans ma tête, la semaine ne pouvait que bien aller. Pas le choix.

Ça n'a pas si bien été que ça, en fin de compte. La semaine n'a pas été catastrophique, loin de là, mais disons que j'ai déjà vécu des vacances plus agréables, pour toutes sortes de petits détails "gossants". Premièrement, la température a été froide. Le jour, à moins d'être en plein soleil, on avait toujours un peu le frisson à cause du petit vent qui ne prenait jamais de relâche. Et la nuit, on gelait carrément. 

Deuxièmement, à cause de mon opération subie un mois plus tôt, je ne pouvais pas me baigner, ni dans la mer, ni dans la piscine, ni dans le spa. Je n'aime pas me baigner tant que ça, alors ça allait, mais avec le vent constant, ça ne donnait pas trop envie d'aller faire la baleine échouée sur la plage. Mes parents et mon parrain y allés deux fois et ont dû apporter leurs manteaux. Mettre un manteau sur le bord de la mer, faut le faire! Mon amoureux et moi sommes restés sur le bord de la piscine et même là, l'eau était froide. J'y ai mis les pieds pour me rafraîchir, et même si ça m'a fait du bien, ça ne m'aurait pas donné envie de m'y saucer.

Troisièmement, j'ai eu mal au ventre toute la semaine. Et quand je dis toute la semaine, c'est TOUTE la semaine. Genre de ballonnements, pression constante, l'impression d'être enceinte de six mois et incapable de dormir. Après trois jours d'insomnie, je me suis décidée à prendre mes pilules roses parce que je n'en pouvais plus. Se droguer en voyage, pas génial. Mais il fallait ce qu'il fallait.  Je ne sais pas si c'est la bouffe de là-bas qui ne m'a pas fait, trop de fruits de mer et de fritures. Pourtant, je n'ai jamais eu de problème avant.

Oh, on a quand même fait toutes sortes de choses. Une belle promenade sur le Marginal Way, où tu marches sur le bord des rochers, des soupers au resto (même si je ne mangeais pas beaucoup), du flânage dans les boutiques du village, un peu de magasinage, une virée à Portland où je n'avais pas mis les pieds depuis l'âge de 13-14 ans. Même une partie de mini-golf!

Je ne me plains pas tant que ça, au fond. Je pense que le problème est qu'après toutes ces années, je commence à avoir fait le tour de l'endroit. Je n'avais jamais ressenti ça, avant. J'ai toujours eu hâte d'aller à Ogunquit et j'en revenais satisfaite et reposée. Pas cette fois-ci. Les choses ont changé, j'imagine. J'ai changé et ma vie aussi. Et puis, on s'entend que de partir une semaine avec ses parents quand on est en couple, ce n'est peut-être pas l'idéal. Je voulais seulement faire découvrir l'endroit à mon amour.

On va essayer de se trouver une autre destination, l'an prochain, mon amoureux et moi. Notre petit coin de paradis. Pas besoin que ce soit bien loin, ça peut être au Québec. De toute façon, je ne sors pas avec un grand voyageur. Mais il comprend mon besoin de sortir de la ville de temps en temps. 

Je dois créer mes propres souvenirs de vacances, maintenant. Ça fait bizarre comme sensation, d'en avoir la liberté. On dirait que je ne sais pas par où commencer...






mercredi 4 juin 2014

Le chat qui court après sa queue

Je n'écris plus ici. Ça ne me tente plus. Plus comme avant. Pas que je n'en aie plus besoin, parce qu'en dedans de moi, j'ai toujours autant de choses à dire. J'ai plutôt l'impression que je ne sais plus comment les dire. L'autre partie du problème est aussi qu'il n'y a pas grand-chose qui me tente, ces temps-ci. 

La vie de couple va bien. J'ai un amoureux merveilleux, à qui je peux tout dire et qui est là pour m'épauler en tout temps. C'est certain qu'on a nos accrochages comme tout le monde; la vie à deux demande des ajustements. Je ne pourrais pas dire qu'on se chicane, on s'obstine à  la tonne, ça oui. Mais pour la chicane, aucun de nous n'aime les conflits, ni les éclats de voix, ni le lançage d'assiettes. De toute façon, on a des assiettes qui ne se cassent pas, alors ça ne servirait pas à grand-chose. Je n'ai jamais eu un tempérament très bouillant et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer. Alors, quand on se confronte, ça fait dans le calme, moi avec mon air bête et lui son air encore plus sérieux qu'à l'habitude (parce que c'est Monsieur sérieux incarné celui-là) et on finit par en faire le tour. J'ai mes manies, il a les siennes, c'est normal qu'il y ait parfois des flammèches. Mais au final, je nous vois comme un couple harmonieux.

Donc, le problème n'est pas là. C'est tout le reste de ma vie qui me donne l'impression de tourner en rond. Je n'ai toujours pas d'emploi. J'ai abandonné le travail social comme je l'ai déjà dit - peut-être pas pour de bon, mais pour l'instant, oui - et je me cherche. Je cherche un emploi à temps partiel qui m'offre de la stabilité, de la flexibilité et qui correspond au peu d'expérience de travail que je possède. Secrétariat, travail de bureau, commis, rédaction... ce genre de choses. Je suis en train de penser de devenir caissière dans un Jean Coutu juste pour faire quelque chose.

Mais mes efforts de recherche sont vains, dernièrement. Je dois jongler avec les rendez-vous médicaux à tout bout de champ, les différents suivis en différentes cliniques. Insérer des entrevues d'embauche au travers de tout ça représente un méchant casse-tête. Ce ne sont pas les poumons qui font des siennes, heureusement, mais pleins d'autres problèmes autour. La prise d'anti-rejets provoque des effets secondaires indésirables qui sont difficiles à contrôler. J'ai dû me faire opérer la semaine passée et je suis donc en convalescence pour deux semaines. Ce n'était rien de grave - pour l'instant, car j'attends des résultats d'analyse - mais je suis très inconfortable en ce moment et mon niveau d'énergie est assez bas. Je n'ai pas beaucoup d'appétit non plus. Je fais la cuisine pour essayer de réveiller mon estomac.

Je surfe sur le net à la recherche d'activités à faire, de bénévolat, de chorales au sein desquelles chanter... et rien ne m'intéresse. Je me sens vide. Depuis un bout. Comme dépassée par les événements. Par ce que ma vie est devenue depuis la greffe. Je sais que je suis choyée d'être en vie et bien entourée et que je chiale le ventre plein. Mais on dirait qu'il me manque quelque chose. J'ai des problèmes d'ajustement, je pense. Quand j'ai commencé mon bacc en travail social en 2004, il y a une partie de moi qui se disait que je n'en verrais pas la fin, parce qu'il ne me restait pas tant d'années que ça à vivre. Ensuite, j'ai été greffée et j'ai pu terminer mon bacc. J'ai mon bout de papier, mais je ne sais pas quoi faire avec. Je le vois bien maintenant que ça me déstabilise. Je n'ai pas les forces physiques et mentales nécessaires pour exploiter cet aspect-là de ma vie. 

Je m'occupe de mon nouveau chez-moi, je cuisine, je prends soin des miens, je veille à ma santé, je fais du bénévolat une fois par semaine. Et quand j'ai terminé, je m'écrase devant la télé ou l'ordi. Parfois, je vais marcher jusqu'au bord du canal Lachine. Ça m'apaise un peu. Mais je reste toujours avec cette drôle d'impression au travers de la gorge que mes jambes ne me mèneront jamais assez loin. Je voudrais en faire plus, mais je n'en ressens pas l'énergie. Et comme je n'ai pas d'énergie, eh bien je ne fais rien. C'est un méchant cercle vicieux. Comme un chat qui court après sa queue. 

Je ne me sens pas utile. Mon amoureux dit que je vois ça pire que ce qu'est la réalité. Que je me mets trop de pression. Peut-être bien. Mais c'est que je pensais que l'après-greffe serait autrement. Comment exactement, je ne sais pas. Mais différent. Moins centré sur la maladie, les bobos, la déprime. Plus dynamique, plus satisfaisant, plus enrichissant. Oh, la plupart du temps, ce n'est pas si mal que ça. Mais des jours comme aujourd'hui, j'ai de la misère à distinguer le soleil au travers des gros nuages gris.

dimanche 6 janvier 2013

Je m'arrête ou je continue?

Je ne sais pas si c'est la nouvelle année qui a cet effet sur moi, mais je me sens déchirée entre l'envie de grandir, de prendre mon envol pour vrai et celle de rester la petite fille qui vit chez ses parents et qui va encore à l'école.

Il me reste 5 mois de stage avant d'avoir mon bacc. Après toutes ces années, à tenter tant bien que mal d'en voir la fin, j'y suis presque. Ça fait bizarre. Ça m'avait toujours paru tellement loin, inatteignable, incertain. Il y a 3 ans, je ne savais même pas combien de temps il me restait à vivre, donc l'université, c'était devenu complètement secondaire pour moi. Mais aujourd'hui, je peux me dire que j'ai un futur. Et ça me fait peur. Avec un diplôme en poches, je vais pouvoir commencer à me chercher un emploi, à visiter des sites de condos pour avoir mon petit chez-moi. Le condo, ça me tente, c'est sûr, je regarde des plans de sites en construction et je m'imagine comment je pourrais décorer ça à mon goût, en faire ce que je veux. Mais me trouver une job, ça me paraît moins excitant. 

J'ai été sur le neutre tellement longtemps, à ne pas travailler, à économiser mes énergies que maintenant, même si le quotidien est tellement plus facile à gérer, j'ai gardé le vieux réflexe de la paresse, d'avoir envie de rester à la maison, de faire la pantouflarde. Je n'ai pas envie de travailler. Entre autres parce que je me rends compte que l'intervention, je n'aime pas ça autant que je pensais. C'était bien beau dans le théorique durant toutes ces années d'études, mais une fois dans le concret, c'est totalement différent. Et c'est frustrant, frustrant parce que j'ai mis beaucoup d'efforts dans mes cours, mes lectures, mes travaux, mes examens, et que les deux pieds dans la réalité, je ne ressens pas de passion, de motivation, d'enthousiasme. Peut-être que ce sont les conditions de travail, le stress que ça me cause, l'environnement, le fait que ce n'est pas si près de chez moi et que le transport à faire pour m'y rendre me décourage. Une belle combinaison, quoi. Ou peut-être que je n'aime juste pas ça, au fond. Je ne sais pas.

Mais on ne peut pas ne pas travailler, dans la vie. Ça ne se fait pas. Et changer de branche, me refaire un nouveau parcours, ça serait faisable si j'avais encore 22-23 ans, mais j'en ai 27 et si je ne veux pas être encore à l'école à 40 ans compte tenu des mes antécédents, pas certaine que je veux me replonger dans un deuxième bacc. Et changer pour changer, pour éviter le stress du marché du travail, malheureusement je ne pense pas que c'est la solution. Le marché du travail, c'est stressant, il y a des contraintes partout, peu importe le domaine. Je ne ferais que fuire un problème pour en retrouver un autre.

Autant qu'il y en a qui ne veulent pas s'engager, ne pas avoir de port d'attache et voyager constamment, autant que moi je le cherche ardemment cet ancrage. Je ne sais pas à quoi il ressemble, comment m'organiser pour l'atteindre, pour trouver ma satisfaction.

mardi 15 février 2011

Chocolat, fleurs et autres cossins inutiles

Bien des gens sont contre la fête de l'amour, ou plutôt contre l'aspect ultra commercial qu'on lui a donné avec les années. Faut pas trop s'en étonner si vous voulez mon avis, dans notre beau monde matérialiste, tout est un prétexte parfait pour faire de l'argent et faire dépenser les consommateurs. Est-ce qu'on n'en vient pas à oublier l'essentiel du moment? Tout à fait.

Que la St-Valentin, à la base, devrait être une journée pour dire aux personnes qui nous sont chères qu'on les aime, qu'on apprécie leur présence dans notre vie quotidienne et qu'on a tout simplement envie de passer un bon moment en leur compagnie. Que ce soit un ami, un parent, un amoureux, pour moi, ça me rappelle qu'il faut prendre le temps de dire "Je t'aime". Quand j'étais célibataire, j'en profitais aussi pour me faire plaisir, passer une petite soirée tranquille devant un bon film à dévorer une boîte de chocolats. Peut-être pas très sain pour la ligne, mais très satisfaisant.

Malgré tout, je n'ai pas pu m'empêcher de questionner mon côté matérialiste (qui n'en a pas un?) une fois notre soirée de première St-Valentin ensemble à mon homme et moi terminée. On s'est fait un bon souper, un bon dessert, et on s'est offert des petites douceurs. Il me connaît bien, moi et ma dent sucrée; il m'a donc acheté tout plein de chocolat! Sans oublier la carte de souhaits. Tout allait bien, jusqu'à ce que j'arrive chez mes parents et que j'aperçoive l'immense bouquet de fleurs que mon père a offert à ma mère pour l'occasion. Petit pincement au cœur. De jalousie.

J'en aurais voulu des fleurs, moi aussi. J'aime ça les fleurs, moi. Peut-être moins que le chocolat, mais ça a le mérite de ne pas dérégler mon diabète et de ne pas faire engraisser. Tiré d'une expérience traumatisante de son passé associée aux fleurs, mon homme ne m'en a offert qu'une seule fois depuis qu'on est ensemble. Et on dirait que ça m'agace. Encore plus à la St-Valentin. Je voyais ces filles dans le métro qui ramenaient une rose ou un bouquet entier... et j'en voulais une rose, bon!

Pourtant, recevoir des fleurs n'a aucun rapport avec l'amour que l'autre nous porte. Ça n'apporte rien de plus à la qualité de la relation, ni à la simplicité du moment passé avec l'être aimé. Mais ça a tout avoir avec notre côté matérialiste. Mon côté matérialiste. Et le fait que je suis et resterai toujours une éternelle insatisfaite. *Soupir*

jeudi 11 novembre 2010

Je suis trop

Trop accro. Trop impatiente. Trop insatisfaite. Trop demandante. Trop dépensière. Trop amoureuse. Trop chialeuse. Trop de tout.

Trop accro, demandante, insatisfaite, chialeuse et amoureuse, quand mon homme fait encore du temps supplémentaire et que ça nous empêche de nous voir autant que je le voudrais. Même si je sais qu'il ramasse son argent pendant qu'il le peut encore, qu'il le fait pour assurer non seulement son avenir en attendant de se trouver un autre emploi, mais aussi le mien, donc le nôtre. Qu'il le fait pour nous, pour qu'on puisse redécorer la maison à notre goût, avoir un bel ensemble de chambre à coucher, de beaux sofas dans le salon, de la belle peinture sur les murs. Qu'il doit aussi le faire en pensant qu'un jour peut-être, ce sera ce qui sauvera ma carte de crédit loadée parce que je suis trop dépensière (je tiens à préciser qu'elle n'est pas encore loadée et que je contrôle la situation. Mais nous n'avons pas la même vision de l'argent, ce qui n'arrange rien.).

Trop impatiente d'être enfin dans mon vrai chez-moi, que janvier semblant être la date qui se profile à l'horizon pour un déménagement est loin, trop loin.

J'ai ces enfantillages que je ressens et refoule pour ne pas qu'il sache à quel point je peux jouer à l'enfant-roi gâté pourri quand je le veux. Oui, je bougonne un peu au téléphone quand il me dit "Chérie, je fais encore de l'overtime ce soir", mais pas plus que ça. J'aurais l'air de quoi à me plaindre de mes petites frustrations, alors que lui va se faire mettre dehors le 30 novembre et qu'il ne dit pas un mot? J'aurais l'air de trop.

mardi 19 octobre 2010

Y en aura pas de facile

Je n'aime pas les piqûres et la douleur. Des bronchoscopies, je laisserais ça volontiers à d'autres.

Mais malgré tout, il y a un certain réconfort, une certaine familiarité à rechausser les souliers d'une patiente l'espace d'une demi-journée. Être prise en charge, être soignée et écoutée, c'est tellement plus simple parfois que de se retrouver dans le rôle inverse. Être à l'écoute, rencontrer des tas de gens différents dans la même journée, courir partout. Je commence à me demander si j'ai vraiment la force pour faire ça. J'ai l'impression de me fatiguer à rien, de me plaindre pour rien. D'avoir envie de tout et de rien à la fois.

J'aime trop la facilité, je crois...

samedi 1 mai 2010

Une fille pathétique

Je pense n'avoir jamais rencontré un gars aussi romantique. Des petites attentions à gauche et à droite qui me montrent qu'il écoute vraiment ce que je dis et qu'il a à cœur de me faire plaisir, une douceur incroyable autant dans ses gestes que dans ses paroles... Je me suis presque pincée hier soir, pour m'assurer que j'étais encore bien ancrée dans la réalité, que tout ça n'était pas qu'une simple invention de mon imagination trop fertile.

Je trouve ça génial, mais en même temps, je ressens un petit malaise. Parce que je me dis qu'il n'a pas besoin d'en faire autant, que je ne sais pas comment lui redonner tout ça, que je ne mérite pas autant d'attention... Je me sens maladroite et complètement déstabilisée.

J'avais lu dans un roman que ce que les gens recherchent dans l'amour et les nouvelles rencontres, c'est d'être surpris. To be swept off of their feet. Je suis totalement d'accord. On recherche la nouveauté, le thrill de l'inattendu. Dans mon cas, j'aime, mais en même temps, je n'aime pas. J'aime qu'on me surprenne, les petites surprises qui rendent la vie un peu plus magique. Mais on dirait que je ne sais pas toujours comment gérer ça.

Jamais contente la fille. Je sais. C'est d'un pathétisme fou...

samedi 20 mars 2010

Les pieds dans le vide

Sauter en parachute, me lancer dans le vide, c'est quelque chose que j'aurais tant voulu faire et que je regretterai toujours de ne pas avoir pu faire dans ma vie. Sentir le vent m'envelopper, voler presque comme ces oiseaux si gracieux, laisser monter l'adrénaline alors que le sol se rapproche de plus en plus... Me sentir vivante.

Je regardais le personnage de Raphaël dans le film Les pieds dans le vide (très bonne réalisation de Mariloup Wolfe) qui avait ce besoin de sauter en bas de l'avion et de pousser à chaque fois un peu plus ses limites pour oublier ses problèmes et se sentir encore plus en vie à chaque risque encouru. Et je le comprenais. Le thrill de n'avoir que du vide sous ses pieds, le cœur qui palpite, sentir quelque chose de puissant l'envahir.

Juste sentir quelque chose. Provoquer quelque chose en soi, réveiller l'animal qui s'est endormi...

J'ai besoin que ça bouge davantage dans ma vie. Je me sens éteinte ces temps-ci, comme si j'étais retombée dans cet état de torpeur qui m'était devenu si familier pendant que j'attendais que ma vie arrive. Elle est finalement arrivée cette vie en laquelle je nourrissais tant d'espoir, mais pourtant, avec le recul, je ne la trouve pas aussi spéciale et fabuleuse une fois dedans. Peut-être me suis-je créée des attentes trop élevées? Ce ne serait pas la première fois de toute façon. J'avais soif de liberté, de folie des grandeurs, de changement. Mais rien n'a vraiment changé au fond, côté vie sociale, amoureuse, professionnelle. Patience! qu'on ne cesse de me répéter. Patience, tu vas voir, les morceaux du puzzle vont se placer l'un après l'autre.

Je ne veux pas attendre. Je veux trouver un sens à ma vie, mon vécu, maintenant. Je veux vivre maintenant, même si je suis consciente que j'ai en ma possession une réserve incroyable de temps. Fermer les yeux et me jeter dans le vide.

Dans le fond, je ne suis qu'une éternelle insatisfaite. Et je n'arrive pas à identifier d'où peut bien venir cette insatisfaction chronique. J'ai pourtant eu à peu près tout ce que je désirais dans ma vie. Gâtée pourrie diraient certains. J'ai même eu des nouveaux poumons. La plupart des gens malades ne connaissent pas cette chance. Alors, pourquoi, mais pourquoi est-ce que j'en veux toujours plus? Qu'est-ce qui pourra bien réussir à m'apaiser? Je crois pourtant que je ne cours pas après des choses inaccessibles. Des petites choses simples, je vous le jure.