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mardi 7 juillet 2015

Fort comme un roc

J'étais à un souper de famille il y a deux semaines et j'ai pris le temps d'observer mes grands-parents paternels, ce que je ne prends pas souvent le temps de faire. 

J'ai passé une grande partie de mon enfance avec eux. Ma grand-mère a commencé à me garder lorsque j'avais 21 mois. Ma mère devait retourner travailler et elle n'avait pas vraiment envie de me confier à un inconnu pendant le jour. Ma grand-mère s'est offerte pour s'occuper de moi. Ça tombait bien, parce que mon père travaillait tout près de sa maison. Quelques années plus tard, le diagnostic de fibrose kystique est tombé et j'avais donc besoin de soins constants; mes grands-parents ont embarqué dans l'aventure sans se poser de questions, apprenant comment gérer ma maladie et mes nombreux médicaments à prendre, la technique du clapping, etc. Ils se sont impliqués à fond. S'il y avait un imprévu, je pouvais toujours compter sur eux durant le jour et même rester chez eux pour dormir en cas de besoin. Ils m'ont accompagné jusqu'à ce que je termine le primaire.

Ensuite, j'ai commencé le secondaire et je suis donc retournée dans mon quartier, à l'autre bout de la ville. J'ai vieilli et j'ai acquis mon indépendance, comme toute bonne adolescente. On passe au travers de périodes où on ne se soucie plus tellement de ses grands-parents, malheureusement. Je les voyais dans les fêtes de famille, mais l'intérêt n'était plus le même de mon côté. Ce n'est que dans la vingtaine que j'ai  vraiment reconnecté avec eux.

Mon grand-père et ma grand-mère ont maintenant respectivement 84 et 85 ans. Ils ne rajeunissent pas et j'en suis de plus en plus consciente. Mon grand-père a un cancer depuis plusieurs années qui était contrôlé par des traitements d'hormonothérapie, mais depuis un an, ça ne fait plus vraiment effet. Son médecin veut tenter autre chose, mais rien n'est encore décidé. Ils sont tous les deux très inquiets, mais essaient de ne pas le montrer. 

Lui essaie de rester fort, il fait le clown pour faire rire ma grand-mère. Au souper de famille, mon père a servi un verre d'eau minérale à mon grand-père et ma grand-mère lui a tout bonnement demandé ce qu'il buvait. Avec un petit sourire en coin, il a pris une gorgée dans son verre avant de répondre, l'air innocent, "Du brandy". Ma grand-mère a eu un éclat de rire. C'est très anodin comme situation, mais ça m'attendrit. 

Ils sont ensemble depuis plus de 60 ans et s'aiment encore comme au premier jour. Ils voient la vie qui s'en va inéluctablement vers la fin et ils ont peur, mais s'accrochent l'un à l'autre pour ne pas tomber. 

Ça me fait beaucoup réfléchir, parce que j'ai très peur de la mort, de perdre ceux que j'aime. Et j'espère sincèrement avoir trouvé moi aussi, mon roc sur qui m'appuyer durant les temps difficiles.

lundi 4 août 2014

Tu vieillis, ma fille!

Ma mère a eu 60 ans la semaine dernière et n'a pas semblé du tout affectée par l'atteinte de cette nouvelle décennie. Vieillir ne lui a jamais fait peur, elle a toujours abordé la vie avec la notion "d'un jour à la fois" et c'est probablement ce qui l'a aidé à passer au travers de la vie et de ses différentes épreuves sans trop s'en faire. Je ne dis pas qu'elle ne s'est jamais fait du mauvais sang face à ma maladie, ma greffe, etc., mais je sais que jamais elle ne s'est questionnée sur mon espérance de vie. Elle se contentait d'y aller au jour le jour sans se demander où on serait d'ici dix ans. Certaines situations l'ont angoissées plus que d'autres, étant de nature anxieuse comme moi, mais au final, je pense bien qu'on s'en est sorties la tête haute.

Changer de décennie d'âge peut être difficile pour certaines personnes, mais je n'avais pas vraiment d'inquiétudes pour ma mère. Elle est à la retraite depuis plusieurs années et continue d'être aussi active qu'avant. Toujours une activité à gauche ou à droite, une réunion de bénévoles, un C.A. quelconque, un dîner, une exposition, un cours à l'université, etc. Il n'y a pas grand-chose qui l'arrête. Elle répétait souvent, lorsque mon père travaillait encore, comment elle avait hâte qu'il prenne sa retraite à son tour pour pouvoir ralentir un peu et planifier toutes sortes de choses à faire avec lui. Maintenant qu'il ne travaille plus, elle peine à dire non à tous ses projets en solitaire et n'est pas à la maison plus souvent! Trouver un juste milieu n'est pas facile pour quelqu'un qui n'a jamais été capable de rester en place! 

Donc, quand elle a eu 60 ans, je l'ai appelé la journée même pour lui souhaiter bonne fête et elle m'a dit "Ah, le poids des années commence à se faire sentir". Surprise, j'ai demandé "Tu le sens, ce matin?". Réponse de sa part: "Pantoute!". Ça résume assez bien la chose!

C'est plutôt vers moi que s'est dirigé le poids des années plus tard dans la discussion lorsque j'ai mentionné avoir mal au nerf sciatique depuis une semaine et que je ne comprenais pas pourquoi. Elle m'a sorti un "Ah, mais tu vieillis, ma fille!" bien senti. Dur dur, d'avoir 28 ans! 

Bonne fête Maman!

dimanche 27 juillet 2014

Ces hommes de peu de mots

On a un nouveau coloc depuis la fin du mois de juin. Il y a une deuxième chambre dans notre appart et comme mon amoureux avait déjà pris l'habitude de louer une chambre à son ancien appartement, on a gardé la même habitude une fois emménagés ensemble. C'est un petit revenu supplémentaire non-négligeable.

L'ancien coloc avait déménagé avec nous, puisqu'il ne lui restait que quelques mois à passer à Montréal, le temps de finir son diplôme de formation technique. Et puis, tout le monde s'entendait bien et il n'était vraiment pas dérangeant ou envahissant. Il a quitté à la fin du mois d'avril pour retourner dans sa ville natale et mon amoureux et moi avons donc passé deux mois seuls ensemble, ce que nous n'avions jamais connu dans notre (jeune) vie de couple. Je ne vous cacherai pas qu'on y a pris goût, ce qui est normal, évidemment. 

On voulait tout de même trouver quelqu'un d'autre, budget oblige, et la chambre a été affichée. Et j'ai commencé à me demander si c'était vraiment une bonne idée. C'était une réflexion totalement égoïste, je dois l’avouer. J'avais peur de tomber sur quelqu'un qui mettrait son nez partout, qui poserait pleins de questions sur mes habitudes de vie (comme le fait que je ne travaille pas...), qui me jugerait même. L'ancien coloc connaissait ma condition de santé et comprenait très bien, puisqu'il avait déjà été ami avec une fille atteinte de fibrose kystique, malheureusement décédée aujourd'hui. Je n'avais donc pas eu à lui expliquer grand-chose.

J'avais peur du changement, donc.

Finalement, j'ai eu tort. Notre nouveau coloc est aussi discret que l'ancien, sinon même plus, si c'est possible! Il travaille beaucoup et passe ses temps libres à s'entraîner. Sinon, il reste dans sa chambre la porte fermée. Il ne prend pas de place, toutes ses affaires sont rangées dans sa chambre, il prend un tablette dans le frigo et dans le garde-manger. Il a fallu lui dire qu'il pouvait laisser sa brosse à dents dans la salle de bain. Il ne pose pas beaucoup de questions. Très tranquille, je vous dis. C'est presque comme si on n'avait pas loué la chambre. La routine n'a pas changé, en fin de compte. 

Ça m'a pris plusieurs semaines avant de réussir à savoir ce qu'il faisait dans la vie. Je suis de nature curieuse et je voulais donc savoir à qui j'avais affaire. Une de mes premières tentatives s'est vite soldée par un échec. Il soupait à la table de la cuisine un soir et j'ai demandé bien innocemment s'il avait eu congé pour la fête du Canada et j'ai eu droit à "Non, je travaillais". Je m'attendais à des détails, quelque chose, mais non, ça s'est arrêté là. Ce n'est que plus tard que j'ai réussi à l'accrocher assez longtemps pour lui faire passer un interrogatoire (je déconne, je ne suis pas aussi intense que ça!).

Oh, il est sympathique malgré tout. Juste pas très jasant. Déjà qu'au début, je trouvais que mon amoureux ne parlait pas beaucoup et que je devais parfois lui tirer les vers du nez, maintenant je me retrouve à vivre avec deux hommes de peu de mots. Misère!

lundi 3 décembre 2012

Triste Noël

Il paraît qu'une peine d'amour dure quatre saisons. Quand on m'a dit ça, je n'ai pas pu m'empêcher de m'écrier, "Mais c'est ben trop long, un an!!!". Mais par quatre saisons, ça voulait plus dire le temps que les événements marquants, importants, de l'année soient passés. Importants pour nous, qui sont associés à des souvenirs particuliers, à des moments plus marquants que d'autres.

Comme Noël, la St-Valentin, Pâques (si vous la fêtez), les vacances d'été, etc. Ou ça peut tout simplement être le cycle des saisons, printemps, été, automne et hiver.

Dans mon cas, j'ai passé au travers du printemps et de l'été. L'automne s'achève. Alors c'est presque trois saisons. Côté événements, les vacances d'été sont derrière moi. Certains voyages ont été plus difficiles que d'autres. Mais j'ai passé au travers.

Noël s'en vient. J'aime Noël. Pour l'occasion de se retrouver en famille, de manger pleins de bonnes choses, de faire des cadeaux aux gens que l'on aime. Avant, Noël était synonyme de fêtes de famille, tout simplement. Il y a deux ans, ça a pris un tout nouveau sens. Noël est devenu un moment que je pouvais partager avec ma famille, mais aussi avec mon amoureux. J'ai souvent souhaité en voir apparaître un sous le sapin, un amoureux. La première année où ce vœu a été exaucé, j'avais peine à y croire. Il était là, assis à mes côtés, riant de bon cœur avec ma famille, développant des cadeaux, fredonnant des chants de Noël. Je me souviens avoir passé la plupart du temps à observer la scène, pour pouvoir l'imprimer dans ma mémoire à l'encre indélébile, entre autres parce que j'avais peur que ce ne soit pas vrai. Il y a eu la décoration de notre premier sapin de Noël ensemble aussi, les petites décorations qu'on a acheté ensemble au Canadian Tire pour embellir sa maison...

J'ai décoré la maison de mes parents, en fin de semaine. C'était bien, mais ça manquait de magie à mes yeux. Il manquait quelque chose. Lui.

Vous comprenez quelle "saison" sera la plus difficile pour moi cette année, dans ce processus de peine d'amour.

C'est triste à dire, parce que c'est normalement le moment de l'année dont j'aime le plus profiter, mais j'ai hâte que les Fêtes soient terminées. J'ai hâte d'avoir passé par-dessus cette saison. Comme ça, l'an prochain, mes souvenirs auront été remplacés par de nouveaux, moins douloureux, des souvenirs où il n'existera plus.  

Tout un contraste comparé à mon dernier billet, je sais. Mais je n'y peux rien.

jeudi 29 mars 2012

Chez le psychologue

Dans la salle d'attente, tout près de la porte d'entrée, est accrochée une affiche disant ceci:

You may be normal when you come here, but you won't be when you leave

C'est rassurant tout de même! Moi qui vais là pour m'améliorer...

samedi 24 mars 2012

On veut étudier, on ne veut pas s'endetter

C'était assez impressionnant, en arrivant au métro Bonaventure jeudi, de voir la masse d'étudiants tous affublés de rouge ou du petit carré de tissu qui se dirigeait vers la Place du Canada. Sur le coup, je suis restée surprise de voir autant de monde, surtout à 12h30, mais je me suis vite souvenue que la manifestation commençait dans une heure. Je me trouvais chanceuse de ne pas être agoraphobe, parce que j'aurais certainement paniqué en les voyant tous arriver!

Même le chauffeur de l'autobus dans lequel j'étais par la suite semblait sympathique à la cause des étudiants. Un petit groupe marchait sur la rue Cherrier en direction du métro Sherbrooke, traînant des pancartes, et en passant près d'eux, il a klaxonné plusieurs fois. Les jeunes lui ont répondu en criant allègrement.

Je suis moi-même une étudiante, bien que ce ne soit pas le cas pour cette année, mais j'aurai à encaisser la hausse des frais de scolarité l'an prochain, soit pour ma dernière année d'études. Je dois avouer que je ne sais pas trop où me positionner dans ce débat. Je suis pour un meilleur financement des universités, parce qu'à voir l'état de certains locaux et matériaux éducatifs mis à notre disposition à l'université, ça commence à faire pas mal dur. En plus qu'il y a de moins en moins de professeurs engagés au profit des chargés de cours, ce qui fait qu'ils sont beaucoup moins disponibles en dehors des heures de classe parce qu'occupés ailleurs, on finit par passer pas mal de temps à courir après eux si on a une question à leur poser. 

Mais j'ai l'impression qu'on ne met pas nos priorités à la bonne place. Par exemple, pourquoi un recteur d'université devrait avoir un salaire aussi imposant que le PDG de Microsoft? Aussi, pourquoi ne rénove-t-on pas les locaux déjà existants plutôt que de construire de nouveaux pavillons et de se retrouver avec un désastre comme celui de l’Îlot voyageur dans le centre-ville de Montréal?

Ce qu'il aurait fallu, c'est de n'avoir jamais gelé les frais de scolarité par le passé, mais plutôt de les avoir augmenté progressivement, suivant l'inflation. Comme ça, cela se serait fait graduellement, et non tout d'un coup, ce qui aurait moins choqué les gens qu'une hausse subite de 75%. Parce qu'il faut payer. Dans ma tête, on ne peut pas y échapper. Oui, étudier est un droit, mais on ne peut pas s'attendre, dans la société d'aujourd'hui, à ce que ceux qui nous enseignent vont le faire gratuitement. Ça doit se payer ce salaire-là. Je suis d'accord que ça commence bien mal une vie adulte que de se retrouver avec des dettes énormes à la fin des études post-secondaires, mais c'est justement pourquoi je pense que le gouvernement devrait revoir le principe des prêts et bourses au lieu de s'entêter à garder leur plan d'action tel qu'il est. Élargir les balises, permettre aux jeunes dont les parents font un salaire un peu plus élevé que le minimum permis en ce moment de toucher à des bourses donnerait un bon coup de pouce. Oui pour qu'on fasse notre part pour notre système d'éducation, mais pas qu'on se mette dans le trou à tout prix.

Je n'aime pas donner mon opinion sur des sujets de ce genre habituellement, parce que j'ai souvent l'impression que je m'exprime tout croche, et aussi parce qu'il y a toujours quelqu'un pour réfuter mon point de vue. Et que je déteste les conflits. Mais après toutes ces semaines de grève, faut bien se prononcer un peu, surtout quand on est touché par le conflit.

vendredi 3 février 2012

Le don d'être sympathique

Je ne sais pas si c'est un pré-requis d'avoir un air de bœuf quand on est réceptionniste/secrétaire dans un CLSC, mais tous ceux que j'ai rencontrés ont cette caractéristique. Je comprends qu'ils voient passer beaucoup de monde dans une journée, mais si tu n'aimes pas travailler avec le public, ne fais pas l'accueil!

Je devais simplement aller faire des prises de sang, et on m'avait bien dit de ne pas prendre de numéro au centre de prélèvements, puisque la piqûre devait être faite avant 8h00 du matin. Donc, pour être sûre de ne pas attendre, je me poste devant le petit monsieur et lui fait mon plus beau sourire. Avant même que j'aie eu le temps d'ouvrir la bouche pour dire bonjour, il m'apostrophe:

"Vous devez prendre un numéro.
- On m'a dit que j'avais pas besoin d'en prendre un.
- Qui vous a dit ça??"

Quand je lui ai dit que c'était la réceptionniste du même CLSC à qui j'avais parlé au téléphone, il a eu l'air encore plus bête, comme si j'étais en train de lui raconter le mensonge du siècle. Euh, c'est bien rare que j'essaie de passer devant les autres juste pour le fun! Si c'était juste de moi, je serais restée bien tranquillement dans mon lit au lieu de me lever à 6h45 pour aller m'obstiner pendant 5 minutes avec toi! Finalement, l'autre secrétaire s'en est mêlée et est allée directement dans son classeur, d'où elle a sorti en moins de 30 secondes ma requête de prélèvements. À 8h05, j'étais de retour dans la voiture de mon père, à me faire réchauffer les fesses par le siège chauffant.

On a tous besoin d'un incompétent pour bien démarrer notre journée.

mercredi 3 août 2011

La farce

J'écoute le rire de mon homme qui est au sous-sol, alors que moi, je végète devant mon ordinateur. Il rit de bon cœur, comme un enfant, comme s'il n'avait jamais vu de son existence le film L'agent fait la farce. Il est entier, il sait communiquer sa bonne humeur peu importe la pièce où il se trouve. Il faut lui donner ça, il est bon public, et c'est contagieux.

Je n'aime pas ce film. Alors, je fais mes petits trucs à moi tranquillement, de mon côté. Et c'est correct comme ça. Je suis avec lui quand même, puisque je souris à chaque fois qu'il rit. Même à l'autre bout de la maison, il a le don de m'attendrir.

dimanche 26 juin 2011

Retour en arrière (x2)

J'y suis retournée pour la deuxième fois en 2 semaines, lors du 5 à 7 organisé en l'honneur de la retraire de mon ancien directeur du deuxième cycle. Non mais, c'est qu'elle ne décolle plus celle-là! C'était beaucoup plus intimidant par contre, car des anciens de toutes les promotions y avaient été invités. Des anciens, pour la plupart, que je n'avais pas revus depuis presque 10 ans.

J'aime rarement me rendre à ce genre d'événement seule. Il me faut être accompagnée. Ça diminue mon angoisse de rester seule dans mon coin le nez dans mon verre de vin parce que je n'ose pas aller parler aux gens. J'avais tenté d'accrocher une amie qui est allée au secondaire avec moi, mais malheureusement son horaire de travail ne lui permettait pas d'être là à temps. Je me suis donc retroussée les manches et je me suis dit: "Viv, t'es capable de faire ça comme une grande fille. Vas-y donc pareil!". Ce que j'ai fait.

Après avoir choisi minutieusement ma tenue, m'être battue avec mes cheveux qui ont un sérieux quiproquo avec l'humidité dernièrement et avoir peaufiné mon maquillage, j'étais prête à partir. Sous la pluie, bien sûr. (Petit aparté: à chaque fois que je mets le pied dehors et qu'il annonce de la pluie, il se met à pleuvoir. Au-to-ma-ti-que-ment. Mère Nature a une dent contre moi, faut croire.)

Et j'ai revu ces anciens élèves, pas si nombreux que ça finalement. Et je me suis prise un verre de vin, mais je ne suis pas restée le nez dedans à me demander ce que je faisais là. Ce qui m'a fait sourire, c'est que ça reste un cliché digne des films américains pour adolescents, ces rencontres-là. Tout le monde est bien content de se revoir et se parle du bon vieux temps, comme si on avait tous été les meilleurs amis du monde. Ce qui n'était clairement pas le cas il y a 10 ans. J'étais contente de voir ce que les uns et les autres sont devenus, pas de doute là-dessus. Mais il m'est resté cette impression de fake, cet arrière-goût de fausse sincérité. Encore les apparences. Ou bien est-ce juste moi qui vois de la mauvaise foi partout ces temps-ci...

Ça serait difficile de prétendre le contraire. C'est bien beau dire, "Hey, je te suis tout le temps sur Facebook!", mais ce n'est pas parce que tu le fais que tu sais vraiment ce que je suis devenue. Si tu avais vraiment voulu te tenir au courant, tu te serais organisé en conséquence.

Pas que je n'ai pas apprécié la rencontre. La curiosité l'emporte toujours dans ces moments-là, on pose mille questions, on observe beaucoup. Certains dont on n'imaginait pas vraiment le potentiel ont percé dans leur métier et d'autres ont bien embelli! C'est tout de même intéressant, et je suis partie de là avec un petit sourire aux lèvres. Au moins, on se souvenait de moi.


"10 ans depuis qu'on a gradué, tu te rends compte! Il faut penser à notre vraie réunion des anciens. Tu vas m'aider?"

Mais oui. Avec plaisir. Tu m'écriras sur Facebook!

mardi 21 juin 2011

On fait tous du show business

Ça me fait toujours rire un peu de voir les réponses des stars quand on leur demande quel est leur plus gros défaut. "Oh, je suis pas très ponctuelle! Je suis peut-être un peu contrôlante aussi..."

Ouf, pas très ponctuelle, c'est vraiment un monstre cette fille-là! Quel calvaire elle doit faire vivre à son entourage! Quand est-ce qu'on va entendre les vraies affaires? Vous savez, dans le genre, "je suis la pire des égoïstes", "je néglige mes enfants à cause de mon travail" ou encore "je suis une infidèle chronique" (remarquez qu'il y a certaines vedettes qui l'ont déjà admis...).

Qui avoue ce genre de choses publiquement? Et même dans la vie de tous les jours, chez le "petit peuple", entre nous, qui va oser dire à sa meilleure amie, "hey, moi là, dans la vie, je suis rien qu'une maudite bitch!" ?

L'apparence, la réputation, le faux. Préserver son image. C'est important quand on fait du show business, mais ça l'est également dans des situations plus terre-à-terre. En famille, entres amis, avec les collègues de bureau où le mémèrage de bas étage peut être très fort. Paraître à son meilleur tout le temps, en toutes circonstances. Je ne dis pas que moi-même j'irais révéler mes pires démons aux autres, mais des fois, un peu d'authenticité, ça ne ferait pas de mal à personne. Après tout, la perfection n'est pas de ce monde. Alors, pourquoi prétendre le contraire?

jeudi 26 mai 2011

Jeune innocence

La beauté de l'innocence des enfants, c'est qu'ils n'ont aucun filtre. Ce qui en résulte souvent en un amour inconditionnel et des petites confidences entre deux poussées sur une balançoire. Sa mère nous regardait avec un petit sourire en coin, alors que la fillette me parlait de sa tante "qui se cherche toujours des amoureux" et qu'elle aurait aimé mieux avoir une petite sœur plutôt qu'un petit frère, parce que pour l'instant, elle est la seule fille dans la famille.

En revenant m'asseoir avec mon amie, elle m'a demandé quels secrets de famille m'avait été révélés. J'ai simplement souri. Il ne faut pas trahir la confiance qu'un enfant nous a donnée librement.

jeudi 19 mai 2011

Cas d'inconscience

Déjà que ça se promène en BMW et que ça coupe tout le monde sur le boulevard, il faut qu'en plus, ça jette ses cochonneries par la fenêtre! Aucun respect pour les gens et encore moins pour l'environnement.

Il paraît que c'est mieux de ne pas souhaiter de malheurs aux autres, au cas où ça nous retomberait sur le nez. Mais des fois, c'est bien difficile de se retenir...

mardi 8 mars 2011

Merci Ginette

J'ai relu mon texte d'hier. Et je me suis trouvée un brin pathétique. Premièrement, parce que j'ai la vague impression d'avoir déjà écrit quelque chose de semblable. Et aussi, parce que toujours emportée par cette réflexion des journées de tempête, j'ai observé. Observé mon homme, à la recherche d'un peu de positivisme dans mon coup de blues.

Et j'ai vu, mes amis, oui j'ai vu! Ces petits gestes, si minimes soient-ils, mais pourtant si présents qui mettent en valeur son côté attentionné et prouvent son affection pour moi. Le petit bec qu'il dépose sur ma joue en se levant le matin de bonne heure pour aller travailler, alors que moi je suis encore au lit. Le coup de téléphone à chaque midi qu'il me fait juste pour voir comment ça va. Me conduire chez mes parents à 45 minutes de chez lui juste parce que j'ai peur au volant de Petite Mazda quand il neige. Cette main qui repose sur ma cuisse quand on regarde nos émissions de télé ensemble. Et je pourrais continuer ainsi pendant des paragraphes et des paragraphes!

À trop s'inquiéter, on en vient à ne plus porter attention à tous ces détails du quotidien. Hier soir, je me suis concentrée sur l'essentiel. C'est d'être aimé, que disait une chanson populaire.

dimanche 23 janvier 2011

Un petit quelque chose qui a changé

Vous arrivez dans un endroit où vous ne connaissez pas grand-monde, à part la fêtée. Vous placotez de banalités, vous vous servez un verre de vin, vous vous servez une assiette et vous vous asseyez. Vous observez. Vous vous sentez observé.

Mais vous n'observez plus de la même façon. Votre regard a changé, parce que votre statut a changé. Votre état d'esprit est complètement différent, ailleurs, là où vous avez longtemps souhaité qu'il soit lorsque vous vous présentiez dans un party.

Il y a tous ces beaux et sympathiques gars qui se promènent autour de vous, vous font la conversation, rient un peu trop de vos blagues et vous invitent à aller danser au Moomba la fin de semaine d'après. Vous regardez autour de vous, faîtes la conversation, blaguez pour attirer les rires et n'acceptez pas directement les invitations. Avant, Seigneur, avant vous auriez chercher ardemment cette conversation et vous auriez sauté sur l'occasion d'aller danser avec les beaux jeunes hommes. Avant, quand l'esprit était focusé uniquement sur l'état "Je-veux-un-chum-à-tout-prix-j'en-peux-plus-d'être-célibataire", les opportunités ne se présentaient pas comme ça. Comble de l'ironie. Vous ne remarquiez pas ces regards sur vous, parce que vous les recherchiez trop, probablement.

Maintenant que je ne les recherche plus, ne les désire plus, je les sens dans mon dos, ces regards. Avant, être seule dans un party me pesait, parce que je m'enfermais dans ma solitude en me disant que de toute façon, j'allais en repartir toujours aussi esseulée. Il paraît que c'est lorsque l'on est le mieux avec nous-mêmes, en paix, que l'on attire le plus les autre vers nous. Question d'une plus grande luminosité intérieure, de sérénité. Qui a dit ça déjà, que la vie était un état d'esprit? Bon Dieu qu'elle avait raison!

lundi 1 novembre 2010

Trick or treat!

J'ai un voisin qui est un maniaque de l'Halloween. À chaque année depuis belle lurette, il organise un genre de maison hantée dans son garage, truffée d'un petit parcours où les enfants tombent sur des têtes de mort, des yeux globuleux dans des bocaux, des toiles d'araignées à la tonne, des bruits bizarres, des lumières qui clignotent, de la fumée, etc etc etc! Il dit faire ça pour ses enfants, mais on sait tous pertinemment bien que c'est plus pour son plaisir personnel.

La température aidant, cette année, l'entreprise a été déplacée dans la cour arrière, où le concept de maison hantée a évolué vers un labyrinthe! Et quel labyrinthe ce fut mes amis! Il y avait différents kiosques, dont un avec un scientifique fou qui faisait des expériences "obscures", un gars caché dans un trou pour faire peur aux passants, et une grosse araignée velue qui vous tombait sur la tête une fois la sortie atteinte. C'était assez impressionnant, je l'avoue, moi qui en avais vu d'autres de la part du dit voisin. J'étais préposée à l'entrée, donnant un bonbon "pour la route" et dirigeant ensuite les jeunes et les parents vers l'entrée maudite.

Je gelais un peu beaucoup assise sur ma chaise dans mon costume de lady pirate, mais juste pour voir les petits mousses dans leurs déguisements, ça a valu la peine. J'ai rencontré un éléphant qui barrissait vraiment, un gros poulet jaune, un gorille, plusieurs princesses, un Mario et un Luigi, un Buzz et un Woody d'Histoire de jouets, un petit chaperon rouge, des policiers et des pompiers, et j'en passe!

Petite anecdote au sujet de l'araignée velue: les jeunes s'en sortaient très bien et la trouvaient bien drôle. Mais ce sont plutôt les mamans qui poussaient des cris en la sentant se déposer sur leurs têtes! Dont ma propre mère qui est venue faire son tour par curiosité et qui s'est faite prendre au jeu! Priceless!

Dommage que tout ça ne dure qu'une soirée! Il me semble que j'en prendrais plusieurs fois par année!

mercredi 29 septembre 2010

Un ramassis de n'importe quoi

Avez-vous remarqué que ce sont toujours les personnes qui chialent sur le dos des autres qui auraient généralement avantage à se regarder le nombril avant d'ouvrir la bouche?

Deux fois cette semaine, j'ai pu faire cette constatation, et dans des situations bien différentes. La première était dans l'autobus en revenant de mon stage, où une dame à l'allure un peu négligée (voire sale) et encombrée d'innombrables sacs qui prenaient toute la place autour d'elle rouspétait sur les gens qui parlent au cellulaire dans les autobus et prennent toute la place en ne faisant pas attention aux autres passagers. Elle s'est ensuite attaquée à une pauvre femme musulmane, qui avait bien mal choisi son moment pour jaser au cellulaire elle aussi, et a proféré une tonne d'insultes sur les communautés ethniques, comme quoi les immigrants se pensaient mieux que tout le monde à vouloir tout nous apprendre et j'en passe... (parce que ça ne finissait plus). Une troisième dame chinoise assise un peu plus loin la regardait avec un air voulant dire "non mais c'est une criss de folle, elle!". Quand c'est rendu que nos propres immigrants nous trouvent bizarres, c'est qu'on a un problème!

Autre journée, situation similaire dans une clinique de radiologie, où j'attendais pour passer une ostéodensitométrie (ça se plogue bien dans une conversation comme mot, je trouve!). Autre dame qui se pointe dans la salle d'attente et qui commence à dire qu'elle n'a pas pu acheter le journal parce que l'autobus est arrivé trop vite à son arrêt, et qu'elle, elle ne lit pas de simples revues. Pas d'accord avec les icônes de beauté qu'on nous offre en ces infâmes pages. Mais ce qu'elle trouvait encore plus effrayant, ce sont ces personnes qu'elle croise dans le métro et qui sont, et je cite, "des cas d'obésité morbide". On serait rendu pires qu'aux États-Unis, imaginez-vous donc! Mais cette dame en question était loin d'être svelte et élancée. Trouvez l'erreur.

Dans de moments pareils, je me contente de lever les yeux au ciel et d'espérer que leur diatribe ne durera pas trop longtemps. Mais je commence à me questionner, parce que je suis souvent le témoin privilégié de ces petits événements malaisants où tout le monde regarde ailleurs. Comme dans le métro où ce gars qui criait aux passagers qu'il s'en allait à la "BEACH BABY!"... pour descendre à la station Berri-UQAM. Si jamais quelqu'un aperçoit une plage dans le centre-ville, faites-moi signe parce que ça avait l'air bien l'fun comme endroit!

jeudi 23 septembre 2010

La rue St-Denis

Je n'avais qu'une petite distance à parcourir sur la rue St-Denis jusqu'à l'université, et j'ai encore pu constater qu'on y observe tout pleins de choses. Montréal est une jungle, avec une faune hétéroclite qui me fascinera toujours autant.

J'ai commencé par croiser Élizabeth Blouin-Brathwaite, qui était vraiment mal habillée avec des pantalons d'armée. D'ailleurs, elle est vraiment plus petite que je pensais! Pas plus grande que moi, ce qui est assez petit merci.

Ensuite, un gars qui semblait assez peu ancré dans la réalité est passé en coup de vent à côté de moi en me traitant de fat. Et la fille qui marchait derrière moi de hot. Ah bon. Première fois qu'on me dit que je suis grosse, je le prends presque comme un compliment que j'ai l'air en santé!

Et finalement, en traversant la rue Ste-Catherine, je remarque qu'une femme fixe quelque chose à ma droite. Pas curieuse pour cinq cents, je décide de regarder dans la même direction et c'est là que je vois ce monsieur qui pousse un petit chien style Lhassa Apso dans un carrosse pour enfants. Nous étions maintenant deux à fixer!

Tout ça pour environ cinq minutes de marche. J'aurais assez de matériel pour écrire une thèse de doctorat sur la diversité de la foule montréalaise!

dimanche 12 septembre 2010

Une carapace peu étanche

Première conclusion de ce début de stage: je suis mourue (mais ça, je l'avais déjà dit).

Deuxième conclusion plus positive: j'aime ça!

Je me sens bien dans un hôpital. Autant qu'il y a des gens pour qui ce milieu peut être la pire des tortures, allant les chercher dans leurs phobies des maladies, des médecins, de la mort et de la douleur, autant que moi, je m'y sens chez moi. J'avais ce même sentiment de quiétude durant mes propres hospitalisations, d'être rassurée par cet environnement un peu gris et froid certes, mais où grouille tout un tas de personnes dévouées au bien-être et à la survie des patients. J'ai souvent dit que c'était un peu comme une deuxième maison, peuplée de ces divers intervenants qui sont devenus avec les années plus que des connaissances, voire des amis.

J'y suis allée en entrevue sans vraiment réfléchir à une autre option, comme une seconde nature, comme si ça allait de soi. Et c'est avec la même attitude que j'y mets les pieds depuis mardi, heureuse d'y être et impressionnée d'être cette fois-ci de l'autre côté de la médaille. Je ne suis pas une patiente à ce moment-là, mais plutôt une future intervenante, une future travailleuse sociale. Étrange comme sentiment tout de même. Mais agréable.

Dès ma première journée, j'ai été lancée dans le feu de l'action, rencontrant quatre patients sur l'étage de gériatrie. Je ne fais qu'observer pour l'instant, mais j'apprends déjà pleins de choses! Sur la pratique du travail social et la clientèle bien sûr, mais aussi sur moi-même. Je déconstruis des préjugés, des conceptions... et je creuse un peu aussi dans mes faiblesses. Je me rends compte que j'ai une bonne carapace à construire quand je vois mon côté mère poule ressortir devant des patients en détresse. Les larmes des autres viennent me chercher facilement. Heureusement que j'ai mon masque bleu pour cacher ma propre tristesse. Une fausse carapace quoi.

mardi 31 août 2010

Rien de plus à dire

D'un côté, il y a la sœur au grand cœur, au cœur d'or, prête à tout faire pour les gens qu'elle aime, qu'elle aime parfois un peu trop. Un peu bonasse, qui ne sait pas dire non. Et de l'autre, il y a le petit frère, le petit bébé qui a toujours tout eu ce qu'il voulait, l'enfant roi gâté pourri. Un peu profiteur du temps et du bien d'autrui, qui n'est pas habitué à se faire dire non.

Mettez les deux dans la même maison et observez ce qui va se produire quand la soeur décide de s'acheter un ordinateur tout neuf, payé de sa poche, parce que tannée de toujours se retrouver avec des machines remontées qui boguent à tout bout-de-champ. De sages conseils sont prodigués, "Mets un mot de passe sur ton ordi, donne-le pas au frère, c'est à toi, pas à lui". "Oui, oui, pas de problème", mais quand le tout est installé, lui passe par là et demande s'il peut aller vérifier ses courriels quand elle aura fini avec le brand new computer. Elle se sent mal, n'est pas capable de lui dire non, ne répond pas grand-chose, mais on sait tous qu'il va y aller les voir, ses foutus messages.

J'ai dit qu'une seule chose en quittant l'appartement.
"Moi, j'ai fait ce que j'avais à faire, the rest is up to you."

Des fois, on ne peut juste pas en faire plus. Même si c'est désolant.

mercredi 18 août 2010

Les gars et le magasinage

Filles et magasinage font bon ménage, c'est un fait universel. On se sent bien dans un centre commercial, c'est grand, il y a de l'espace en masse pour consommer et s'endetter, manger et devenir grosse, ou juste faire du lèche-vitrines si on est déjà endettée et grosse*. On aime ça, que voulez-vous.

Donc, c'est difficile de comprendre ceux qui n'ont pas ce même amour du magasinage, voire les hommes, voire mon homme. J'ai fait une grande constatation: mon Dieu que j'ai pas de patience avec ceux qui n'ont pas de patience pour le magasinage!

On était à la recherche d'un kit présentable pour une entrevue d'emploi que mon homme doit passer cette semaine. Rien de bien compliqué, un pantalon noir, une belle chemise et des souliers propres. Le but était précis, ça n'avait pas l'air bien sorcier, donc je n'étais pas inquiète. Mais je n'avais jamais vraiment magasiné avec mon homme, pour mon homme. Léger détail. Que dis-je, gros détail! Monsieur déteste magasiner, chercher le bon morceau de vêtement, encore plus essayer différents morceaux pour trouver le bon. Une fois devant le miroir, il ne sait pas trop s'il aime ça ou non, et c'est tout à recommencer. En plus, il est vraiment conservateur en matière de guénilles. *soupir*

On est donc chez Simons, dans la section pour hommes. On trouve des pantalons noirs, mais là, il ne sait pas trop s'il aime le modèle, le tissu... Il se promène dans les rayons, regarde un peu autour, l'air découragé. Finalement, il se rend compte que je ne suis plus là (j'essayais de me sauver subtilement pour aller me taper un café glacé...) et vient vers moi avec un air doublement plus découragé. Ça va être long, que je me dis.

"Y a rien qui te plaît? que je lui demande.
- Ben... je sais pas trop.
- Ça paraît. Ceux-là, qu'est-ce que t'en penses? Je lui pointe une paire de pantalons bien simples, une belle coupe, pas de flaflas.
- Ouin...
- Chéri, si tu les essaies pas, tu pourras pas savoir si tu les aimes.
- Je trouve ça long essayer."

J'ai fini par le pousser vers la cabine, deux paires en main, pour avoir le champ libre pour fouiner de mon côté. Je suis revenue avec deux autres paires qui avaient de l'allure. Il n'a pas eu le choix de les essayer, et finalement, il a pris un de ceux que j'avais sélectionnés (victoire!!!). Pendant ce temps-là, j'étais assise à côté d'une femme qui attendait son copain, qui lui devait être en train d'essayer tous les pantalons disponibles dans le magasin, mais qui, comme mon homme, n'aimait rien. À un moment, la femme a voulu qu'il mette un débardeur d'une très belle couleur par-dessus une chemise pour lui montrer que ça pouvait bien lui faire. Il s'est plié à l'exercice, mais l'a enlevé trente secondes plus tard parce que ce n'était "pas pratique et pas confortable". Je n'ai pas pu m'empêcher de rire et la femme m'a vu, bien évidemment.

En revenant s'asseoir à mes côtés,
"Je t'ai vu rire, qu'elle me lance, avec un petit sourire en coin.
- Oui, c'est parce que je me rends compte que c'est pareil dans tous les couples, les gars veulent rien savoir du magasinage ou de la nouveauté.
- Je le sais! qu'elle s'exclame. C'est décourageant. Il était beau le débardeur pourtant.
- Oui, la couleur lui allait super bien.
- Bon! La fille fait dire que la couleur t'allait super bien!" qu'elle crie à son copain qui était retourné dans la cabine. Le gars s'est mis à rire.

Bref, ça nous a pris à peu près deux heures trouver un pantalon et une chemise, mais on en est finalement sorti vivants. Je me demande encore comment. Surtout qu'il n'arrête pas de me dire que côté vêtements, il s'en fout de ce qu'il porte, que l'important c'est que sa douce le trouve beau. Sauf qu'il rejette toutes mes suggestions! C'est à n'y rien à comprendre...

*Je ne lance pas de flèche aux personnes ayant un problème d'embonpoint, je commente simplement ma propre propension à m'empiffrer de crème glacée, de cafés glacés et de bonbons quand je cours la galipote dans un centre commercial.